Alors que l’opposition multiplie les accusations de « verrouillage » du processus électoral, le gouvernement ivoirien a décidé de monter au créneau.
Une campagne diplomatique ivoirienne face aux critiques internationales
Face à ce qu’il considère comme une campagne d’intoxication internationale, menée dans certaines chancelleries par des figures de l’opposition, le chef de la diplomatie ivoirienne, Léon Kacou Adom, a engagé récemment une intense activité diplomatique au siège des Nations Unies, à New York.
Objectif : rétablir les faits et porter la parole officielle de l’État de Côte d’Ivoire.
« Je suis venu ici à l’ONU à la demande du président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, porteur d’un message de bonne volonté et d’amitié à Son Excellence Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU », a déclaré Léon Kacou Adom à l’issue de plusieurs rencontres de haut niveau.
Des rencontres stratégiques avec les responsables onusiens
Le ministre des Affaires étrangères a rencontré tour à tour :
- Amina Mohamed, vice-secrétaire générale de l’ONU,
- Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix,
- Martha Ama Akyaa Pobee, sous-secrétaire générale chargée des affaires africaines.
Selon lui, ces échanges visaient à « rassurer la communauté internationale » quant à la capacité du pays à organiser une élection démocratique, transparente et pacifique.
Démentir les accusations de « dictature » et de verrouillage électoral
Cette initiative diplomatique s’inscrit dans une volonté claire de répondre aux critiques persistantes d’une partie de l’opposition ivoirienne. Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, en particulier, accusent le régime d’Alassane Ouattara de préparer un scrutin biaisé et non inclusif.
Les démarches de l’opposition ivoirienne à l’international
Depuis sa radiation de la liste électorale en avril dernier, le président du PDCI, Tidjane Thiam, multiplie les actions vers les organisations internationales.
À Genève comme à Paris, des émissaires du PDCI dénoncent ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du pouvoir d’Abidjan.
Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) emploie la même stratégie, réclamant la réintégration de Laurent Gbagbo, lui aussi écarté du scrutin présidentiel.
En janvier 2025, l’ex-chef de l’État affirmait que l’ONU aurait demandé sa réinscription sur la liste électorale, déclaration non confirmée par l’organisation.
Le gouvernement y voit une tentative manifeste de manipulation de l’opinion publique internationale.
Un message diplomatique de fermeté, mais d’ouverture
À New York, Léon Kacou Adom a tenté de renverser la narration médiatique sur la Côte d’Ivoire.
« Je l’ai rassuré de ce que ces élections pourront se dérouler dans la paix, la discipline, et que ces élections seront démocratiques et transparentes. Je repars donc de New York satisfait », a-t-il insisté.
Le Secrétaire général de l’ONU, selon le ministre, a pris bonne note des engagements ivoiriens et encouragé les Ivoiriens à œuvrer pour la paix.
Cette visite marque un tournant stratégique : longtemps silencieux face aux accusations, le gouvernement choisit désormais de riposter sur le plan diplomatique.
Un contexte électoral ivoirien sous haute tension
La présidentielle du 25 octobre 2025 s’annonce comme un scrutin à hauts risques.
L’absence de plusieurs figures politiques majeures sur la liste électorale – Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, Tidjane Thiam – alimente les tensions.
Plusieurs partis d’opposition dénoncent une Commission Électorale Indépendante (CEI) inféodée au pouvoir, accusation que l’institution dément formellement.
Une diplomatie ivoirienne en action
Face à ces accusations, la diplomatie ivoirienne semble décidée à reprendre la main sur la scène internationale.
Si elle œuvre à rassurer les partenaires internationaux, elle adresse aussi un message clair à l’opposition :
La Côte d’Ivoire ne se laissera pas dépeindre comme une république bananière.
MD
