La Côte d’Ivoire entre dans la phase décisive de la préparation avant la CAN, avec la fenêtre FIFA de novembre. Pour ce rendez-vous, Émerse Faé a publié une liste où la continuité prime, mais où les signaux sont clairs : les places en sélection coûteront cher.
Deux matchs attendent les champions d’Afrique, l’un contre l’Arabie saoudite, le 14 novembre, et le dernier face à Oman, le 18, pour mesurer la forme du moment, tester de nouveaux profils et affiner la hiérarchie.
Haller, dans le groupe mais sous la loupe
Si Sébastien Haller figure bien dans la liste d’Émerse Faé, son statut suscite des interrogations. Le héros d’Abidjan, auteur du but du sacre à la CAN 2024, vit une période paradoxale. Indispensable dans la mémoire collective, il demeure cependant moins décisif sur le terrain. Depuis le titre continental, l’attaquant d’Utrecht peine à retrouver sa pleine influence.
Sur les 18 matchs disputés par la Côte d’Ivoire depuis la CAN, Haller n’a inscrit qu’un but et délivré une passe décisive. Son dernier but datant du 24 mars 2025 face à la Gambie, l’une des dernières rencontres qu’il a disputées dans son intégralité. Lors des quatre dernières sorties des Éléphants, il n’a été titularisé qu’une seule fois, contre le Gabon, et n’est entré qu’en fin de partie face au Kenya (75e), aux Seychelles (66e) et au Burundi (73e).
S’il a recommencé à enchaîner des matchs en championnat avec Utrecht, son dernier but en club remonte au 25 avril 2025. Depuis, il n’a plus retrouvé le chemin des filets. Une disette qui alimente le débat sur son efficacité et interroge sa capacité à redevenir la pointe de référence du système Faé.
Une méforme qui intervient alors que la hiérarchie offensive évolue, portée par la forme de Vakoun Bayo et la mobilité d’Evann Guessand. Face à ces dynamiques, Émerse Faé demeure confiant en ‘’Seb”. « Je n’ai aucun doute sur son niveau. Quels que soient les problèmes qu’il peut y avoir, pour les grands rendez-vous, il n’y a pas d’inquiétude à avoir », a-t-il assuré.
Adingra, le soldat en perte de repères depuis la CAN
Lui aussi symbole du sacre continental, Simon Adingra traverse un passage à vide, comme en témoigne son absence lors des trois derniers matchs de son club. Resté sur le banc lors de la dernière rencontre de Sunderland face à Everton, l’ailier ivoirien revient tout juste d’une blessure contractée avant la confrontation contre Chelsea, et n’avait été qu’un remplaçant lors du match précédent face à Wolverhampton.
En sélection, sa dynamique n’est guère plus reluisante : 16 minutes contre le Kenya, 30 face aux Seychelles, 17 contre le Gabon et 67 comme titulaire face au Burundi. Des bouts de match qui traduisent un certain recul dans la hiérarchie offensive.
Émerse Faé, prudent, a livré des explications sans détour. « Il a contracté une douleur derrière la cuisse lorsque je suis passé le voir. Il n’est pas à 100 % de ses capacités. On a la chance d’avoir un bon nombre de joueurs sélectionnables. À partir de ce nombre, on doit faire des choix. Il y a un stage qui arrive, et certains auront l’opportunité de marquer des points. Rien n’est fermé, rien n’est définitif », a assuré le coach de Eléphants.
Une mise au repos plus que mise à l’écart, donc. L’idée de Faé est claire : préserver Adingra pour mieux le relancer, tout en observant d’autres profils capables d’occuper les ailes, dans un système où la profondeur et la percussion restent des clés.
Oulaï et Koné, deux visages pour l’avenir
Deux jeunes talents prometteurs feront leur baptême du feu en sélection, lors de cette trêve : Christ Oulaï et Richard Koné. À 19 ans, Oulaï confirme être l’une des nouvelles promesses à sortir du centre de formation de Jean-Marc Guillou. Transféré à Trabzonspor, il s’est rapidement imposé comme l’un des milieux les plus constants du championnat turc, alliant volume de jeu, intelligence tactique et régularité. « Depuis qu’il a signé à Trabzonspor, il enchaîne les matchs et les performances au-dessus de la moyenne. Pour nous, c’était le bon moment pour l’appeler », a expliqué le sélectionneur. Avec son profil complet, récupération, projection et technique, Oulaï pourrait rapidement s’intégrer dans la rotation derrière le trio Fofana–Kessié–Sangaré au milieu de terrain.
En attaque, Richard Koné qui évolue avec les Queens Park Rangers, incarne une autre promesse. Auteur de quatre buts en douze matchs de Championship, il s’est adapté rapidement et affiche une confiance notable. « C’est un joueur qu’on suit depuis un moment. Il marque, il est en pleine confiance. On avait besoin d’un attaquant sur une bonne dynamique », a ajouté Faé.
Une liste ouverte, une méthode qui s’affine
L’entraîneur a insisté sur le fait que cette sélection ne préfigure pas la liste finale pour la CAN. Il s’agit avant tout d’un stage d’observation, pensé pour maintenir la dynamique collective et tester la profondeur du réservoir ivoirien. « Les joueurs qui ont la chance d’être sélectionnés doivent montrer qu’ils ont envie d’aller à la CAN et qu’ils méritent d’y être. Ce n’est pas une liste pour la CAN, mais un stage pour convaincre. »
Le discours est donc clair, aucun joueur n’est installé, chacun doit justifier sa place. Faé en profite pour rappeler les priorités du moment : efficacité offensive, rigueur défensive et continuité dans les principes de jeu. « Ces deux matchs vont nous permettre de continuer sur la lancée d’octobre, où nous avons retrouvé l’efficacité et une bonne capacité de finition. Il faut garder cette rigueur. La CAN arrive vite, et chaque détail compte. »
Charles Assagba
