Interview/Eléphants, CAN, Drogba, etc. : Les vérités de Zoro Marc

par NORDSUD
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 Le président de l’Union des footballeurs professionnels de Côte d’Ivoire (Ufpci) s’est confié à la rédaction de Nordsud.info sur championnat local, la situation des joueurs, la CAN, etc.

Plus d’un an après le début du mandat de l’actuel président de la FIF, peut-on dire que la situation des footballeurs locaux ivoiriens a évolué ?

La situation évolue dans la mesure où nous sommes tous en train de travailler pour un projet commun qui est de donner un statut aux joueurs et de faire en sorte qu’ils soient respectés. Les choses s’améliorent. Le président de la Fédération a de très bonnes idées, c’est à lui de les mettre en pratique.  Je veux souligner qu’il y a des membres du comité exécutif qui ont des clubs et qui ne payent pas les joueurs et même qui les chassent. Il faut que le président de la Fédération ait un droit de regard sur cette situation. Il faut qu’il incite les présidents de clubs qui fondent son comité exécutif à payer les joueurs. Ce n’est pas honorable qu’ils agissent de la sorte alors qu’ils font partie d’un comité exécutif avec à la tête un président qui se bat très bien.

L’un des acquis des joueurs c’est l’augmentation des salaires qui est passé du Smig à 100.000 F pour les joueurs de ligue 2 et au tarif minimal de 160.000 F pour les joueurs de ligue 1. Cette réforme est-elle bel et bien appliquée sur le terrain?

Déjà je ne suis pas pour le fait qu’il y ait un salaire de base pour les joueurs. Chaque joueur doit pouvoir discuter des clauses et du salaire de son contrat. Il n’y a jamais eu, dans aucun pays, un salaire fixé. Le salaire de base emmène les présidents à rester sur cette base. Aujourd’hui la plupart les présidents de clubs se limitent à ces salaires. Je pense qu’on doit responsabiliser le joueur pour qu’il prenne en main son propre destin en discutant lui-même de sa collaboration avec les clubs.

Avant l’instauration de cette mesure, les joueurs voguaient la galère avec des rémunérations très basses, n’est ce pas un bon début pour que leurs conditions de vie soient améliorées ?

Avant nous, certains devanciers avaient des salaires de 500.000 F et même d’un million, voire plus. C’étaient des joueurs de l’Asec, du Stella, de l’Africa. La situation a brusquement changé avec une culture qui rabaisse les joueurs. Le footballeur est la matière première du football. Sans lui, il n’y a pas de Fédération, ni de président de club. La situation que nous avons vue avec les maigres salaires, c’est parce que le joueur et le président sont rentrés dans une affaire de ‘’c’est mon bon petit, c’est mon bon vieux père… Je veux t’aider’’. C’est cette culture qu’il faut enlever. Le joueur doit montrer au président qu’il a de la valeur. Mettre en place un salaire minimal, c’est se foutre du joueur. Le principe est que 20 joueurs de statuts professionnels recoivent à minima le salaire de base. Pour les autres joueurs, ils jouissent d’un statut amateur et donc sans salaire minimum, ils peuvent donc être payés au rabais et surement beaucoup moins que ceux qui ont le statut de professionnel. Aujourd’hui, 90% des présidents amènenent le maximum de joueurs au statut amateur pour ne pas être obligés de payer le salaire minimum. Il faut enlever cette idéologie.

Toujours au niveau local, l’Asec s’est qualifié pour la ligue des champions africaine après 4 ans de disette. Ce come-back dans l’élite, comment l’analysez-vous?

C’est un changement, c’est un développement. S’il y a une équipe comme l’Asec qui retrouve l’élite, c’est une fête, c’est une joie. Quand je vois un entraineur comme Romaric qui fait du bon travail, malgré la défaite de l’Afad, je me dis que le football ivoirien est en pleine ascension. Il est en train de prendre une autre dimension.

L’actualité sportive qui défraie la chronique, c’est la CAN. En tant que président de l’Ufpci quel est votre regard sur le niveau des Eléphants?

Le football est une science inexacte. On peut ne pas être bons pendant les matchs de préparations et de qualifications, mais faire une superbe CAN et remporter le trophée. Il faut que l’équipe soit plus rigoureuse, plus audacieuse. Notre équipe doit avoir une défense plus compacte avec beaucoup d’agressivité et de concentration.

Le débat générationnel a récemment fait rage avec les propos de Baki Koné, l’une des icônes du football ivoirien. De votre œil, cette génération est-elle l’une des moins talentueuses de l’histoire des Eléphants?

Ce que Baki a dit ne doit pas créer de polémiques. Il a donné son point de vue. Je suis d’avis avec lui. La génération dorée était remplie de talents. Baki n’a pas dit que la génération actuelle est nulle, ou composée de vauriens, mais il dit que la génération dorée avait plus de qualité que l’actuelle. Je pense que cette génération a du talent, du potentiel, il faut qu’elle la mette en exergue pour que le Coupe reste à la maison. Parce que ce serait une joie immense pour le peuple ivoirien.

Il y a eu des présumés quiproquos entre l’Association des footballeurs ivoirien (AFI) et l’Ufci en prélude à l’élection du président de la Fédération ivoirienne de football relativement à la propriété du titre de groupement d’intérêt des footballeurs. In l’Ufpci est-il le groupement d’intérêt des footballeurs reconnu par la FIF et la Fifpro?

Il n’y a jamais eu de couacs ni de quiproquos. Les polémiques ont été créées par les journalistes. Nous ne sommes pas à ce stade, nous sommes venus pour apporter notre expertise. Nous ne nous battons pas contre des personnes. Nous nous battons contre des personnes. C’est idée contre idée. Je sais que l’Ufpci existe mais je ne sais rien de l’AFI. Nous ne sommes pas venus pour être un groupement d’intérêt, mais si l’opportunité se présente nous n’allons pas cracher dessus. Nous sommes venus pour aider les footballeurs ivoiriens. Nous avons organisé des séminaires pour les joueurs, du jamais-vu en Côte d’ivoire. L’Ufpci a organisé des activités par rapport à la santé, aux assurances et à l’immobilier.

Le candidat que vous souteniez aux élections a perdu. Aujourd’hui, est-ce que la ‘‘Team Drogba’’ n’est pas en train de refaire la même erreur en étant toujours aussi loin des footballeurs ivoiriens qui vivent la galère ?

La Team Drogba n’existe plus. Elle a été formée pour les élections. Aujourd’hui tout le monde est retourné à ses occupations. Didier, qui était la tête de fil est en train de s’occuper de certaines choses dans le domaine footballistique. J’espère que la Team se recomposera.

Réalisée par Charles Assagba

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