Pourquoi Ouattara crée 12 districts autonomes

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 111 vues

Certains peuvent que la création des 12 nouveaux districts autonomes vise à caser du personnel politique. Bien au contraire, l’action du Président Alassane Ouattara est purement technique et sert à partager les fruits de la croissance nationale.

La doctrine du développement est en train de changer avec le Président ivoirien. Dorénavant, Alassane Ouattara a décidé de faire un mix de décentralisation et de déconcentration pour accélérer le développement. Ce qui explique que le chef de l’Etat ivoirien a annoncé ce mercredi 9 juin que d’ici à la fin du mois, il va nommer 12 nouveaux ministres-gouverneurs en plus des deux déjà en place.

Pourquoi les ministres-gouverneurs dans les districts autonomes ?

La raison de ce changement de cap est simple et claire pour le numéro un ivoirien.

Il s’agit de réduire les grosses disparités dans le développement global et par ricochet équilibrer la production de richesses à l’échelle nationale. La solution passe, pour lui, par la création des districts autonomes qui obéissent, dans leur fonctionnement, à la fois aux règles de la déconcentration et de la décentralisation. La déconcentration consiste à déplacer vers la base le contrôle et la mise en œuvre de l’action des pouvoirs publics. Tandis que la décentralisation vise à accroître la prise des décisions à la base, au plan local.

Ainsi les districts autonomes qui regroupent au moins deux régions se posent comme de véritables pôles de développement local. Avec cet outil, Alassane Ouattara entend, in fine, renforcer le maillage territorial de l’administration pour qu’aucun centimètre carré du pays ne soit oublié.

Mais concrètement, que feront les ministres-gouverneurs ?

C’est le président lui-même qui y répond. Ils feront de la coordination, de l’évaluation ainsi que le suivi de la bonne exécution des programmes et des projets de développement mis en route. La création du district autonome vise à renforcer l’efficacité de l’action du gouvernement. Les ministres-gouverneurs seront donc les yeux du chef de l’Etat pour identifier les chantiers qui peuvent impacter positivement le développement local.

Comment cet assemblage fonctionnera-t-il sur le terrain ?

Le président compte sur les districts autonomes qui seront dotés de moyens pour traduire en actes concrets sa vision. En coordination avec les préfets, les conseils régionaux et les maires, les ministres-gouverneurs vont réaliser des études prospectives. Ce qui aboutira à l’élaboration de livres blancs pour les districts et l’établissement de schémas directeurs. Pour une symbiose d’actions, le Président Ouattara a bien précisé que tout se fera sur la base d’un cadre organique des emplois fixé par décret pris en conseil des ministres. Chaque entité saura exactement ce qu’elle a à faire pour impulser le développement local.

Quid de l’évaluation des ministres-gouverneurs ?

Alassane Ouattara a souligné qu’il y aura deux barres d’évaluation. A un premier niveau, il aura un mini-reporting régulier fait par le Premier ministre. Pour renforcer le contrôle, il va convoquer lui-même une réunion annuelle d’évaluation. Il y sera question de passer en revue les objectifs quantitatifs et qualitatifs arrêtés.

Comment tout cela sera financé ?

Pour tranquilliser ceux qui penseraient à des postes budgétivores, le chef de l’Etat a vite fait de préciser:  Il s’agit certes de nouveaux postes mais leurs budgets seront contrôlés. Et cette année, la manne nécessaire à leur fonctionnement devrait provenir des impôts alloués aux deux autres districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro, qui existent déjà. Sans oublier qu’une économie considérable a été réalisée avec la réduction du nombre de ministres de 47 dans le dernier gouvernement Hamed Bakayoko à 37 dans celui de Patrick Achi. Un détail de plus donné par le Président Ouattara est que le personnel des districts autonomes sera au 2/3 composé de fonctionnaires réaffectés.

Avec toutes ces détails, l’on note une volonté affichée du numéro un ivoirien de mettre l’accent sur le développement de proximité. Cependant, il reste deux défis à relever. Réussir la coordination entre tous les acteurs du développement sur le terrain et atteindre d’excellents niveaux d’exécution des travaux.

Comme le Président de la République sait qu’il est seul responsable devant le peuple, il a donc décidé de prendre la main sur les actions à mener pour réaliser le bien-être des populations .

Bakayoko Youssouf

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