Mali: La Cedeao explique ses sanctions

par nordsud.info
124 vues

La Cedeao joue la carte de la pédagogie. Au centre des critiques suite à son embargo sur le Mali, l’organisation sous-régionale est montée au créneau en vue de donner les justificatifs de son tour de vis tout en réitérant son message à la junte : «permettre aux Maliens de choisir eux-mêmes leurs dirigeants à travers des élections démocratiques». Tenue dans «un calendrier raisonnable et réaliste», une telle démarche des putschistes, pourrait amener l’organisation à desserrer l’étau autour de Bamako, selon la note de la commission de la Cedeao.

Echaudée par la requête de la junte «d’étendre la transition militaire de 4 ans, après avoir déjà passé 18 mois au pouvoir», une proposition qui «laisse clairement entrevoir une volonté de se maintenir au pouvoir pendant une durée de plus de 5 ans», la Cedeao avait décidé de sortir le bâton avec de lourdes sanctions contre le régime putschiste. A en croire la note de l’organisation, en date du 27 janvier, ces mesures dissuasives sont maintenues sous réserve d’un «calendrier raisonnable et réaliste pour la tenue des élections». «Les sanctions seront levées progressivement sur la base de ce chronogramme et de sa mise en œuvre diligente et satisfaisante. Cette levée des sanctions dépend de la volonté politique des Autorités de la Transition Militaire d’organiser les élections dans un délai raisonnable», souligne la circulaire de la commission. Abordant les justificatifs émis par les putschistes pour attester la prolongation de la transition, la Cedeao a d’emblée qualifié les «réformes» brandies comme préalable aux élections, de «prétexte» ‘’ pour justifier la prorogation de la Transition et se maintenir au pouvoir sans élection démocratiques ‘’. «Le Niger, le Burkina Faso et le Nigeria, trois autres pays subissant des attaques terroristes, organisent régulièrement des élections», a illustré l’organisation pour démonter l’argument selon lequel le contexte sécuritaire malien ne prêterait pas le flan à la tenue des élections. Considérant qu’un feu vert aux désidératas de la junte «ferait peser un risque majeur sur le Mali et également un risque de déstabilisation grave sur la région toute entière de l’Afrique de l’Ouest, avec la jurisprudence ainsi créée», la Cedeao «reste très attentive sur l’évolution de la situation, disponible et ouverte au dialogue pour accompagner le Mali vers un retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections crédibles et transparentes, organisées dans un délai raisonnable et acceptable.»

Charles Assagba

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00