Un coup de Trafalgar au nord du Maroc. Mardi 1er février 2022 après-midi, dans les montagnes du Rif, près de Chefchaouen, dans le village d’Ighrane, une localité du septentrion du royaume chérifien. Rayan, un garçonnet de 5 ans, tombe dans un puits de 30 mètres de profondeur. Au gré des multiples tentatives de sauvetage mises en œuvre par les services de secours jusqu’à la découverte de la dépouille mortelle de l’enfant, ce dimanche, l’émotion était à son paroxysme sur la toile, dans les chaumières et même au-delà des frontières marocaines. L’inhumation du petit Rayan s’est tenue, ce lundi.
Dimanche noir pour le royaume chérifien, ce 6 février. Les espoirs de retrouver vivant, Rayan, le garçonnet de 5 ans tombé dans un puits de 30 mètres de profondeur, ont volé en éclats avec l’annonce de la découverte de sa dépouille mortelle au bout de 5 jours de recherche acharnée. Le spectre de l’onde de choc a plané sur le monde entier. La genèse du drame s’ouvre, mardi, alors que le père du gamin répare un puits. «Dans un moment d’inattention, le petit est tombé dans le puits que je réparais», a-t-il révélé. Dans la foulée, les secouristes qui avaient en ligne de mire de descendre directement dans le puits, se ravisent parallèlement à l’étroitesse du diamètre qui n’excéderait pas 45 cm. Ils font également une croix sur l’idée d’élargir le diamètre sur fond du risque d’éboulement. Creuser autour du puits : c’est l’Eureka que trouvent les secours. Accompagnés par les chants et prières des autochtones, les espoirs des internautes, ils mettent le cœur à l’ouvrage. « On y est presque. On travaille d’arrache-pied depuis trois jours. La fatigue se fait sentir mais toute les équipes de secours résistent malgré les imprévus », expliquait un conducteur de travaux, Abdesalam Makoudi. Mohammed VI, le roi Marocain, a suivi «au plus près» les opérations de sauvetage et donné ses instructions pour que «tous les efforts possibles» soient déployés, avait fait savoir son cabinet. Les opérations s’échelonneront sur cinq jours à coup de vrombissements des engins mécaniques.
Découverte du corps sans vie et sépulture. Au bout du compte, ce dimanche, le désenchantement est implacable, le petit Rayan est retrouvé mort. Il a cassé sa pipe. Dans un post sur Twitter, le numéro un de l’Elysée affirme «partager la peine de la famille du petit Rayan et du peuple marocain». Idem pour Naftali Bennett, qui a présenté ses condoléances «aux proches de feu l’enfant Rayan, au peuple marocain frère et à Sa Majesté le roi Mohammed VI». Bis repetita avec le pape François qui a traduit son satisfécit à « tout un peuple qui s’est rassemblé pour sauver Rayan » au cours de la prière de l’Angélus célébrée au Vatican. Les obsèques ont suivi leurs cours, ce lundi, dans un cimetière localisé à un kilomètre du village d’Ighrane, théâtre du malheureux incident. En prélude à l’enterrement, des médias locaux rapportent que le corps sans vie du gamin a été transporté à l’hôpital militaire de Rabat pour procéder à une autopsie et en vue de déterminer les causes du décès. « Le silence est terrible ce (lundi) matin dans le village. Tout le monde priait pour qu’il sorte vivant. Tout le monde a pleuré », a témoigné un proche de la famille auprès de l’AFP, au lendemain de la macabre découverte.
Charles Assagba
