Ordre national des infirmiers: De grandes attentes

par NORDSUD
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Le 12 janvier dernier, le conseil des ministres a adopté un projet de loi portant création de l’ordre national des infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire (Onici). Une décision unanimement saluée par les Ivoiriens, près de 9 ans après la création du dernier ordre dans le secteur de la santé. Jean Marie Kongoué, secrétaire général du Syndicat des infirmiers et infirmières diplômés de Côte d’Ivoire (Siide-CI), en donne la raison. «Les infirmiers sont toujours vus comme des personnes qui sont là pour donner un coup de main aux médecins dans leur métier. Les gens ne nous considèrent pas comme des gens qui exercent un métier à part entière. C’est cela que nous avons toujours dénoncé. Et c’est en cela que l’ordre national des infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire (Onici) est salutaire pour nous», se réjouit l’infirmier.

Maintien des principes de moralité

Toutefois, selon le porte-parole adjoint du gouvernement, Mamadou Touré, l’Onici aura pour objectif d’organiser la pratique de la profession, de renforcer les mécanismes de contrôle de ces acteurs clés de la santé, mais aussi, d’améliorer la performance des soins. L’Onici veillera au respect des principes de moralité, de probité et de dévouement par tous les membres. Si les infirmiers y voient un instrument qui sera là pour défendre leurs intérêts, le gouvernement, lui, applaudit un outil qui viendra mettre de l’ordre dans cette corporation minée par les mauvaises pratiques (racket, absentéisme, etc.).Tout comme l’Ordre national des médecins de Côte d’Ivoire (Onmci), l’Onici devra obligatoirement veiller au maintien des principes de moralité, avec notamment la mise en place des conseils départementaux.

Et ce ne sera pas de la sinécure. Malgré la création de l’ordre national des sages-femmes et des maïeuticiens en 2013, la profession ne s’est pas pour autant assagie. Et les problèmes de la corporation sont souvent restés noyés dans le lot des maux du secteur de la santé. «Avec l’incident d’Adzopé (ndlr: Zerbo Habi est décédée en couche le 7 mai 2021 à l’hôpital général d’Adzopé), il est vrai que l’ordre national des sages-femmes aurait dû faire une enquête pour voir la culpabilité des sages-femmes impliqués. Mais l’ordre est resté très en retrait dans ce dossier. Ce sont des défaillances qui doivent nous servir », poursuit M. Kongoué.

Sanctions

Il n’y a pas que l’ordre des sages-femmes qui laisse les Ivoiriens sur leur faim. Mais aussi, l’ordre national des médecins. Pour Guillaume Akpess, secrétaire général du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (Synacass-CI), la structure a bien joué son rôle jusque-là. Toutefois, note-t-il, il y a eu quelques imperfections. «Tout ne peut pas être parfait. Il faut juste voir ce qu’il y a à améliorer», explique Dr Akpess. En effet, dans la coopération, le code de déontologie notifie que les médecins peuvent recevoir des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement, au blâme, en passant par l’interdiction temporaire ou permanente d’exercer une, plusieurs, ou la totalité des fonctions médicales conférées ou rétribuées par l’Etat. Mais les sanctions sont toujours adoucies. «L’ordre défend les médecins, et nous le saluons. Jusqu’ici nous n’avons jamais connu de radiation définitive dans la corporation. Il y a juste eu des radiations temporaires», fait savoir Guillaume Akpess.
Pour autant, ce ne sont pas les bavures qui manquent dans la profession. Bien qu’applaudi, l’ordre national des infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire sera tôt au tard confronté au même dilemme : protéger les brebis galeuses de la profession, ou assainir au détriment de certains membres.

«Il faudra s’inspirer de tout ce que nous avons vu jusque-là. L’ordre ne sera pas là seulement pour nous protéger, mais aussi pour assainir. Il y a des gens qui sont dans la profession pour d’autres raisons que le travail. Certains fabriquent même des cachets pour s’attribuer de fausses professions. Nous espérons qu’avec l’avènement de cet ordre, nous parviendrons à mettre de l’ordre dans le métier», termine Jean Marie Kongoué.

Raphaël Tanoh

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