Depuis la mi-août 2025, la direction du PDCI multiplie les sanctions contre les cadres jugés dissidents. La principale victime est Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce et député de Dabakala, démis de ses fonctions de délégué départemental et remplacé par Justin Tiémoko Touré. Son limogeage intervient après le dépôt de sa candidature à la présidentielle du 25 octobre 2025.
M. Billon, qui dénonçait depuis plus d’un an le choix de Tidjane Thiam comme candidat officiel du parti, avait annoncé qu’il se présenterait en indépendant, anticipant l’invalidation de la candidature de Thiam. Effectivement, ce dernier a été radié de la liste électorale en juin, mais le PDCI a malgré tout maintenu sa candidature.
Dans la foulée, plusieurs délégués proches de l’ancien ministre du Commerce ont également été écartés. Parmi eux, Antoine Constant Siaba (Man 2), Abdoulaye Traoré (Gbéléban) et Djakaridja Fofana (Kaniasso 2). Avant cela, quatre autres délégués favorables à une initiative de réconciliation interne et à une nouvelle convention pour la désignation d’un candidat plus consensuel, avaient déjà été révoqués.
Ces décisions, jugées autoritaires par certains militants, renforcent l’image d’un parti verrouillé. Valérie Yapo, ancienne cadre sanctionnée puis réhabilitée, critique une « pensée unique » et estime que l’éviction de Billon, seul député PDCI du Nord, est une « grave erreur stratégique ».
Ce vendredi 29 août, la censure au PDCI a franchi un palier supplémentaire. La direction de l’ex-parti unique, a défendu aux cadres occupant un poste à la direction de s’exprimer dans les médias, sans avoir obtenu au préalable un autorisation du service de communication.
Toutefois, le PDCI n’est pas un cas isolé. D’autres formations, comme le PPACI, ont récemment pris des mesures similaires contre des cadres ayant exprimé des positions divergentes, à l’image d’Ahoua Don Mello, révoqué de son poste de vice-président après avoir annoncé sa candidature à la présidentielle.
Marc Dossa
