Marche du PDCI à Abidjan : Tidjane Thiam joue encore aux abonnés absents

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 106 vues

Contesté à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et confronté à une radiation électorale, Tidjane Thiam enchaîne les absences aux rendez-vous clés de son parti. Entre critiques internes et incertitudes juridiques, son leadership s’exerce à distance, à quelques mois d’une présidentielle cruciale.

Une absence remarquée lors de la marche du 14 juin

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à quelques mois de la présidentielle d’octobre 2025, traverse une zone de turbulence à la fois politique et organisationnelle, sous la présidence controversée de Tidjane Thiam. Élu en décembre 2023 à la tête du plus vieux parti ivoirien, l’ex-patron du Crédit Suisse multiplie les absences aux rendez-vous majeurs du parti, alimentant les critiques sur sa légitimité et son engagement.

Ce samedi 14 juin, alors que le PDCI battait le pavé pour dénoncer la radiation de son président de la liste électorale, Tidjane Thiam, concerné au premier chef, était encore aux abonnés absents. C’est depuis l’étranger, par une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qu’il a exprimé sa « satisfaction » au terme de la marche et lancé un appel à la mobilisation.

« Je serai avec vous bientôt pour continuer le combat », a-t-il déclaré, tout en restant muet sur les raisons de son éloignement prolongé.

Une série d’absences aux moments clés

Une absence qui n’est pas un cas isolé. Depuis le premier semestre 2025, M. Thiam n’a cessé de manquer les grands rendez-vous politiques de son parti, en l’occurrence la réunion du 18e bureau politique le 5 avril, la convention éclatée du 16 avril pour désigner le candidat du PDCI à la présidentielle, et plus récemment, le grand meeting de la Coalition pour une alternance pacifique (CAP) à Yopougon. À chacune de ces étapes, il a préféré les visioconférences ou les communications numériques aux présences physiques, au grand dam de nombreux cadres et militants.

Une direction à distance depuis Paris

Depuis Paris, où il séjourne selon ses proches pour « faire pression sur le régime Ouattara », Tidjane Thiam continue de gérer les affaires du parti, recevant les émissaires du PDCI dans des salons feutrés de la capitale française. La semaine dernière encore, il y rencontrait Jacques Ehouo, maire du Plateau, et Simon Doho, chef du groupe parlementaire. Cette gestion délocalisée du parti suscite l’indignation croissante d’une frange de la base.

« Le siège du PDCI est en Côte d’Ivoire et non en France », s’est insurgé un proche de Jean-Louis Billon, sur les réseaux sociaux.

Une radiation électorale problématique

Au cœur de la tourmente, une autre tempête juridique menace la carrière politique de Thiam. Radié de la liste électorale le 22 avril 2025 en raison de la renonciation à la nationalité ivoirienne, sa candidature à la présidentielle s’avère compromise. Car selon la législation ivoirienne, il faut être électeur pour prétendre au poste suprême. Cette radiation fait suite à des plaintes déposées par des citoyens Ivoiriens, qui remettaient en cause la nationalité ivoirienne du président du PDCI.

Face à une pression judiciaire, celle-là émanant de la plainte de Valérie Yapo, militante du parti, mettant en cause la régularité de son élection à la tête du PDCI, Thiam a dû présenter sa démission le 12 mai, avant de se faire réélire le 14 mai – un scrutin auquel il était, une fois encore, absent physiquement. Sur la base de la plainte de valérie Yapo, le 10 avril, déjà, la justice ivoirienne lui refusait la délivrance d’un certificat de nationalité.

Un leadership initialement prometteur

Pourtant, les premiers mois de sa présidence avaient suscité espoirs et ambitions. Porté à la tête du parti avec plus de 96 % des voix lors du congrès extraordinaire de décembre 2023, Thiam avait pris une série d’initiatives : nomination de nouveaux cadres dans les instances du parti, création du poste de coordonnateur général et de vice-présidents représentant les 14 districts de Côte d’Ivoire et la diaspora. Mais ces actions initiales semblent désormais reléguées à l’arrière-plan d’une gestion de crise constante.

Soutien officiel mais malaise de la base

Le Bureau politique, réuni à Yamoussoukro en avril, lui a pourtant renouvelé sa confiance. Une confiance renouvelée par la Convention qui l’a par la suite désigné comme le candidat du PDCI à la présidentielle du 25 octobre 2025. Mais cette motion de soutien officielle contraste avec le malaise croissant chez les militants de terrain, déconcertés par les absences répétées de leur président à des moments stratégiques et qui pourrait manquer la prochaine compétition présidentielle.

Des interrogations croissantes sur son leadership

A moins de 5 mois de ce scrutin capital, la question de sa capacité à incarner le combat politique depuis l’étranger se pose avec acuité. Entre fragilité juridique, absence sur le terrain et opposition interne larvée, le leadership de Tidjane Thiam paraît de plus en plus isolé.

Marc Dossa

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