Plafonnement du prix du riz, du sucre, etc. : Les consommateurs veulent plus

par NORDSUD
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C’est une victoire pour les consommateurs ivoiriens qui verront une revue à la baisse et un retour aux tarifs initiaux du prix du riz et de la tomate pâte. Un arrêté interministériel en date du 11 septembre annonce en effet le plafonnement du prix de ces deux produits alimentaires de grandes consommations. Toutefois, les consommateurs ivoiriens voient plus loin et souhaitent une solution pérenne : l’autosuffisance alimentaire en Riz.

Les ménages ivoiriens faisaient les frais depuis quelques jours d’une valse des étiquettes sur le prix du riz, du sucre, du gaz et de plusieurs autres denrées alimentaires. En guise de réponse à l’ultimatum lancé par le président de la Coalition nationale des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire (Cnoc-CI) qui menaçait de bloquer « la commercialisation du riz sur l’ensemble du territoire national », le gouvernement a sorti un tour de son sac. Des subventions gouvernementales seront déboursées en vue de plafonner et ramener les coûts à leurs nomenclatures initiales. Selon l’arrêté interministériel dont nordsud.info a reçu copie, les prix des marques les plus connues en l’occurrence le Riz Uncle Sam, Maman, Rizière, Papillons seront ramenés à leur tarif d’avant les hausses. Statu quo pour les tomates pâtes : Alyssa, Top chef, Maman. Estampillé conjointement des sceaux du Ministère du commerce, de son homologue du Budget et de celui de la communication, cet arrêté sonne le glas des remue-ménages autour du panier de la ménagère.

Sucre et Gaz

Relativement à la raréfaction du sucre sur le marché, l’un des points phares du haro des consommateurs, le ministère du Commerce a pris l’engagement d’un approvisionnement du marché dans un deadline d’une semaine. Cette décision a été entérinée au sortir d’une réunion entre la Direction générale du commerce intérieur, le Conseil national de lutte contre la vie chère, le Directeur de la Consommation du ministère du Commerce et le Président de la Cnoc-CI, Soumahoro Ben N’Fally, le 11 septembre. Bouclant la boucle sur le gaz butane dont les tarifs prennent l’ascenseur, les autorités ont annoncé l’organisation d’un atelier sur la problématique dans les jours à venir.  « Cet arrêté ne résout pas le problème mais il permet de faire descendre la tension. L’arrêté permettra de plafonner le prix du riz. Le consommateur peut appeler le 1343 s’il y a des commerçants véreux qui ne reviennent pas aux anciens prix », nous répond le président de la Cnoc-Ci, joint au téléphone.

 Soulagement

Cette réponse ponctuelle du gouvernement ivoirien apporte temporairement un ouf de soulagement au portefeuille des ivoiriens. Cette augmentation est consécutive au véto de l’Inde sur l’importation de certaines qualités de riz, à une augmentation du prix du riz provenant du Vietnam et à l’ajout d’un prix minimum sur l’exportation du riz au Pakistan. Mais d’autres facteurs pourraient occasionner inopinément des hausses du prix du riz. Jouant la carte de la solution structurelle, en lieu et place des réponses conjoncturelles, Soumahoro Ben N’Fally pousse le bouchon plus loin.  « Dans toutes nos 31 régions, il est possible et nous souhaitons qu’il y ait une production locale du riz. Ce n’est pas avec la daba et la machette que nous arriverons à cette autosuffisance alimentaire. Il faut mécaniser la production du riz. Il faut une volonté politique. Nous avons demandé à cet effet une audience avec l’Agence pour le développement de la filière riz en Côte d’Ivoire (Aderiz) pour connaître la place de la production locale du riz. Nous importons 1 million 500 mille tonnes de riz par an, qui équivaut à 500 milliards. L’Aderiz est une structure indépendante du ministère du Commerce et qui conduit la politique du Riz. Nous allons donc nous entretenir avec elle en vue de dégager des perspectives », fait-il noter. Relativement aux initiatives de production et de commercialisation existantes, Soumahoro Ben N’Fally estime qu’il faut remuer les méninges sur la politique de prix du riz local en vue d’assurer qu’il soit concurrentiel. Et il n’est pas effarouché par le monopole des importateurs qui ne verraient pas d’un bon œil cette montée en puissance de la production locale au détriment de leur business.  Il atteste avoir la solution dans l’éventualité où ces importateurs s’adonneraient à des pratiques anticoncurrentielles et d’abus de position dominantes. « Nous avons un code de la consommation prêt à être actionné en vue de casser le monopole au cas où il y aurait un essai d’abus de position dominante », répond-il. Les consommateurs semblent donc prêts à faire feu de tout bois en vue de mener la Côte d’Ivoire vers l’autosuffisance appelée de tous les vœux depuis plusieurs décennies.

Charles Assagba

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