Lors d’une conférence publique organisée par CIVIS-Côte d’Ivoire, à l’occasion de la Journée Internationale de la Démocratie, le mardi 17 septembre dernier, différents acteurs de la société civile, dont Namizata Sangaré, Dr Christian Kouamé, Laurentina Aguie et Pulchérie Gballet, se sont exprimé sur les progrès et les défis de la démocratie en Côte d’Ivoire. Notre panel…
Namizata SANGARÉ, Présidente du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) : « Le Gouvernement multiplie ses efforts pour renforcer la démocratie »
« Cette célébration est l’occasion de réexaminer l’état de la démocratie dans le monde. L’État ivoirien, qui a opté pour la démocratie, multiplie ses efforts pour la renforcer, notamment par la décentralisation. Cette approche permet aux collectivités territoriales d’exercer des compétences autonomes et favorise l’émergence d’une démocratie de proximité. La Côte d’Ivoire a également adopté plusieurs réformes, dont la loi constitutionnelle de 2016 et celle de 2019, visant à augmenter la représentation des femmes dans les assemblées élues. Ces réformes illustrent l’engagement du pays en faveur d’une société plus égalitaire, tout en sensibilisant le public à la promotion des droits de l’homme. »
Dr Christian KOUAMÉ, président de CIVIS-Côte d’Ivoire : « Les citoyens ivoiriens doivent s’engager pour une gouvernance démocratique »

« Il était important de marquer la Journée internationale de la démocratie en Côte d’Ivoire. Bien que des progrès aient été réalisés en matière de gouvernance, le pays n’a toujours pas fait de transition entre un président sortant et un nouveau président, ce qui est préoccupant. Nous pensons que les citoyens ivoiriens doivent s’engager pour une gouvernance démocratique, avec des élections libres, transparentes et inclusives. Il est aussi essentiel d’ouvrir l’espace civique afin que chacun puisse s’exprimer et choisir le dirigeant qui mènera le pays vers la prospérité, tout en renforçant la lutte contre la corruption. »
Laurentina AGUIE, membre de la LIDHO : « Chaque citoyen doit exercer le contrôle citoyen de l’action publique »

« Chaque citoyen doit exercer ce qu’on appelle le contrôle citoyen de l’action publique. Si l’État adopte des lois liberticides, c’est le devoir du citoyen de demander leur retrait. Il faut aussi que les lois existantes soient appliquées, au lieu d’être stockées dans des tiroirs. Former les populations pour qu’elles connaissent leurs droits est indispensable. Ce n’est qu’en éduquant les citoyens qu’ils pourront jouer pleinement leur rôle et participer à la construction de notre démocratie. »
Pulchérie GBALET, Présidente de l’ONG Alternative Citoyenne : « l’état civique détermine l’état de la démocratie. »

« L’espace civique est le champ d’action de la société civile, et son état détermine celui de la démocratie. Plus il est ouvert, plus la démocratie s’exprime. Cependant, en Côte d’Ivoire, des lois et ordonnances récemment adoptées menacent cet espace en restreignant les libertés d’expression, d’association et de manifestation. Ces lois liberticides sont un danger pour la démocratie, car elles empêchent les citoyens de participer pleinement à la vie publique. Il est donc urgent de protéger et de renforcer cet espace pour garantir une démocratie vivante. »
Propos recueillis par Armand BLEDOU
