À l’ouverture de la 2e session ordinaire de l’Assemblée nationale, des députés de Côte d’Ivoire, de différents bords politiques, se sont exprimés sur le processus de révision de la liste électorale, à la veille de la présidentielle de 2025. Entre appels à la transparence, critiques de la CEI et enjeux d’inclusivité, le débat reflète les attentes d’une démocratie renforcée.

Olivier Vamy Djè Bi Djè, Député Indépendant élu à Zuénoula : « Que la plupart des « Ivoiriens » en âge de voter aient l’opportunité d’avoir leurs papiers ».
« On espère que les conditions pour des élections transparentes et équitables pour tous seront réunies et que la révision de la liste électorale se fera dans les conditions les plus transparentes possibles, afin que tous ceux qui sont susceptibles d’être électeurs le soient. Il faudra aussi faciliter l’accès aux papiers à nos parents parce que malheureusement, le coût de la carte d’identité est extrêmement élevé. Il faudrait vraiment que le gouvernement puisse faire en sorte que la plupart des « Ivoiriens » en âge de voter aient l’opportunité d’avoir leurs papiers afin qu’ils puissent accomplir leur devoir. C’est un point majeur parce que nous avons une échéance vraiment critique, qui est l’élection présidentielle de 2025, ainsi que les élections législatives pour le renouvellement du Parlement qui suivront juste après. Pour ces deux rendez-vous majeurs de la démocratie ivoirienne, il faut vraiment que la Côte d’Ivoire soit au rendez-vous. Mais je trouve dommage qu’en tant que député indépendant, je ne fasse pas partie du dialogue politique et qu’il n’y ait aucun représentant à la CEI en tant qu’indépendant, alors que la plupart de nos concitoyens ne sont pas encartés dans des partis politiques. »

Jean Gervais Tchiédé, Député PPACI élu à Bloléquin : « Nous espérons que l’Assemblée nationale sera un conseiller utile pour le gouvernement. »
« En cette rentrée parlementaire, ce que le PPACI souhaite pour la Côte d’Ivoire, c’est que cette rentrée, qui intervient à la veille de 2025, une année électorale, soit abordée avec le plus de sérénité possible par le peuple de Côte d’Ivoire. Le plus grand souhait des Ivoiriens est que cette année électorale ne soit pas une source d’angoisse et qu’elle soit abordée avec l’esprit et le cœur légers. Nous souhaitons également que les problèmes soulevés par l’opposition concernant le processus électoral, notamment les conditions qui doivent être réunies pour que l’élection présidentielle de 2025 soit inclusive, soient réglés. En ce qui concerne la Commission électorale, nous demandons un organe équilibré et impartial, qui inspire confiance. La liste électorale, qui servira à la compétition, doit être nettoyée de toutes les irrégularités, notamment en ce qui concerne les électeurs frauduleux. Le PPACI en a dénombré près de 2 millions, qui ne devraient pas figurer sur la liste électorale mais qui y sont. C’est pour cette raison que nous demandons un audit de cette liste depuis toujours. Nous espérons que l’Assemblée nationale sera un conseiller utile pour le gouvernement à cet effet. »

Yacouba Touré, Député RHDP élu à Odienné et Vice-Président de l’Assemblée Nationale : « La CEI ne peut pas faire gagner une élection à quelqu’un. »
« Nous entendons tous le cri du cœur du président Alassane Ouattara, demandant que les gens s’inscrivent sur la liste électorale. Aujourd’hui, moins d’un tiers de la population est inscrit. Alors, comment vont-ils choisir ? Comment quelqu’un, qui n’est pas inscrit, peut-il voter ? Certaines personnes disent qu’il faut opérer un basculement. Prenez le cas de quelqu’un qui est né à Odienné mais qui se trouve aujourd’hui en France. Comment peut-il faire ce basculement ? Les Ivoiriens passent tout leur temps à critiquer la Commission Électorale Indépendante (CEI) au lieu de s’inscrire. Mais la CEI ne peut pas faire gagner une élection à quelqu’un. De plus, ceux qui critiquent la CEI, en disant qu’elle n’est pas bonne, ont été élus avec cette même institution. Nous demandons donc à tous les Ivoiriens de s’inscrire sur la liste électorale. À partir de là, ils auront la liberté de choisir leurs dirigeants. Le bulletin d’un manœuvre a la même valeur que celui d’un ministre, d’un président ou d’un député. Il faut donc s’inscrire pour pouvoir choisir l’homme qu’on veut comme dirigeant. »
Propos recueillis par Armand BLEDOU
