Ce mardi 1er avril, un individu a tenté de se jeter dans la lagune, au niveau du pont Charles De Gaulle. Ce sont des passants qui ont avorté son geste. Un énième épisode macabre sur cet emblématique ouvrage. Le 15 février dernier, on se souvient qu’un homme d’une soixantaine d’année a voulu en finir avec ses jours sur la passerelle qui relie le Plateau à Treichville. En vain. Repêché in extremis dans l’eau, il sera évacué à l’hôpital. L’année 2024 a aussi connu des cas similaires. Notamment le 9 juillet 2024, quand un homme a garé son véhicule sur le pont et s’est jeté dans la lagune. Il perdra la vie. Dans ce même mois, le 30 juillet autour de 18h35, une femme se suicide en sautant de l’ouvrage.
Se jeter à l’eau
Si les suicides et tentatives de suicides sont légion ici, le pont Félix Houphouët-Boigny n’échappe pas à cette fâcheuse tendance. La dernière victime en date est un individu qui a trouvé la mort le mardi 14 janvier 2025, en se jetant de la passerelle.
Pour Dr Alain Prao, Psychologue a Bloom, le choix de ces ponts s’explique par la simplicité qu’ils offrent aux concernés. « Ce sont des lieux faciles d’accès. Ils présentent une solution assez simple à ces personnes, qui est de se jeter à l’eau », explique l’expert. L’autre aspect, à l’entendre, est la médiatisation de leurs actes. Tous les cas de suicide ou de tentative sur ces deux ouvrages étant rapportés par la presse. Par ailleurs, aux dires de Dr Prao, beaucoup ratent leurs coups et sont sauvés par les passants ou les sapeurs-pompiers. Ce qui n’empêche pas les Ivoiriens d’en parler.
À lire également: Koffi Oumar : « les fonctionnaires se soignent mieux qu’avant »
La dépression, l’isolement
Pourquoi ? C’est la question qui revient. « Il s’agit de personnes qui ont plus au moins besoin d’être écoutées. Dans leur environnement, ce n’est très souvent pas le cas. L’unique manière qu’ils ont de montrer leurs problèmes est le suicide sur ces ponts. Ils auraient pu choisir également le 4ème pont, sauf que c’est plus difficile d’accès », ajoute-t-il. Avant de conclure : « Il y a toujours des signes avant coureur. La dépression, l’isolement, un langage propre au suicide ».
Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) paru en 2022, l’Afrique enregistre « le taux le plus élevé de décès par suicide au monde ».
Raphaël Tanoh
