Dans la foulée de la nomination du vice-président ce 19 avril 2022, le président du Directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) était l’invité de Radio France internationale (RFI) ce mercredi matin. Gilbert Kafana Koné est revenu sur les raisons qui ont guidé le Président de la République, Alassane Ouattara, à choisir Koné Tiémoko Meyliet comme vice-président de la République. «Le Président lui-même vous a décrit les compétences du gouverneur Koné Meyliet. C’est par rapport à des critères de compétences et d’expériences aussi bien politiques qu’économiques» de l’ex-gouverneur de la Banque centrales des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Il a ensuite démenti le fait que le Président Ouattara choisi des vice-présidents qui ont un profil d’économiste et qui ne lui feraient pas d’ombre sur le plan politique comme le précédent Daniel Kablan Duncan. «Vous savez que le précédent vice-président avait le même profil. Je ne vois pas en quoi il pourrait lui faire de l’ombre. Il est le chef de l’Etat, il est celui qui a été désigné par le peuple de Côte d’Ivoire. Il choisit ses collaborateurs en fonction de ce qu’il attend d’eux», a-t-il répondu à Christophe Boisbouvier.
Prié de dire si le fait que le vice-président ait collaboré avec l’ancien Premier ministre Guillaume Soro ne poserait pas de problème, Gilbert Kafana a coupé court :«Ça ne pose pas de problème. Ce n’est pas parce que Guillaume Soro a dirigé et que tous ceux qui ont collaboré avec lui doivent être des parias. C’est les compétences, ce que chacun peut apporter à la Côte d’Ivoire. C’est ça qui est à la base de ce choix». Il a ensuite insisté sur un des caractères du nouveau vice-président. «C’est un homme de confiance. Un homme discret. Ça je peux le dire», a-t-il certifié. Avant de souligner que le fait que le Président et vice-président soient tous deux issus du nord de la Côte d’Ivoire ne pose aucun problème d’équilibre régional en matière de gestion du pouvoir. Est-ce qu’en devenant vice-président, Koné Tiémoko devient présidentiable ? «Ça ce sont les Ivoiriens qui vont le dire. Ce qui est certain, il a la compétence. Il a le profil de la fonction. Présidentiable ? L’avenir le dira. Il appartiendra à l’avenir d’apprécier», a répondu le président du Directoire du Rhdp. Gilbert Kafana Koné n’a pas pris le risque d’affirmer que l’ancien gouverneur de la Bceao fait partie de la demi-douzaine de candidats potentiels sur le calepin d’Alassane Ouattara pour lui succéder en 2025. Pas plus qu’il ne s’est hasardé à dire le chef de l’Etat sera candidat à sa propre succession. Bien que la Constitution lui permette de rempiler. «Il vaut mieux laisser les Ivoiriens apprécier ce qu’il est en train de faire», a préconisé M. Koné. Il s’est également insurgé contre les spéculations sur une prochaine candidature du chef de l’Etat. Le maire de Yopougon a repris le journaliste qui le voit sur la short-list de candidats putatifs pour la présidentielle de 2025 : «Ne spéculez pas sur les possibles successeurs. Nous n’en sommes pas là. Pour nous la demi-douzaine, c’est Alassane Ouattara».
Kafana Koné a été interrogé sur ses missions à la tête du Directoire du Rhdp. «Ma priorité, comme le Président lui-même l’a dit, c’est la restructuration en profondeur du parti, c’est-à-dire lui donner une ossature lisible et solide. Ensuite faire en sorte que les cadres du parti participent au financement du parti. De manière à construire un parti qui puisse résister au temps, un parti résilient».
Le président du directoire du Rhdp a répondu en Normand à la question sur la limitation de l’âge des candidats à la présidentielle à 75 ans : «Vous savez, l’âge importe peu. Je ne suis ni pour ni contre». Et le journaliste d’asséner : «A priori, s’il n’y a de révision de la Constitution, MM. Ouattara, Gbagbo et Bédié vont être candidats en 2025». «Ça sera à eux de décider le moment venu», a conclu Gilbert Kafana Koné.
Bakayoko Youssouf
