Ce que nordsud.info a écrit ce dimanche 10 août, vient d’être confirmé par un communiqué du procureur de la République, près le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. L’interpellation et le placement en détention préventive de l’ancien ministre Moïse Lida Kouassi et de l’ex-patron du protocole de Laurent Gbagbo, sont liés à leur rôle présumé dans les événements survenus dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 août 2025 dans la commune de Yopougon.
« L’enquête diligentée à la suite de ces événements a conduit à l’interpellation de neuf personnes dont Josué Kouamé Oi Kouamé alias ‘’Général Frazaho’’, Inza Zoh alias ‘’Zoulou’’, Jean Claude Kado Gnégbré alias ‘’Jaguar’’, et d’autres présumés impliqués. Au cours des auditions, les suspects ont désigné comme instigateurs Messieurs Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense et Boubakar Kone, ambassadeur à la retraite », a révélé le procureur Braman Oumar Koné, dans son communiqué rendu public dans la soirée de lundi.
Selon le document consulté par nordsud.info, « les mis en cause ont été déférés ce lundi à la section antiterroriste du Tribunal d’Abidjan. Une information judiciaire a été ouverte contre eux pour des chefs d’accusation graves : actes terroristes, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, dégradation et incendie volontaires de biens appartenant à autrui. Ces faits sont punis par plusieurs dispositions légales, notamment la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 modifiant la loi sur la répression du terrorisme, ainsi que les articles du Code pénal ivoirien ».
Selon toute vraisemblance, les interpellations pourraient se poursuivre les jours à venir. « La justice poursuivra son action avec la plus grande fermeté pour garantir la sécurité des populations et la stabilité du pays à l’approche de l’élection présidentielle », assure le procureur de la République. « Selon les déclarations recueillies, ces violences avaient pour but d’instaurer un climat de terreur et d’intimider la population à la suite de l’annonce de la candidature du président de la République à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le mode opératoire de ces assaillants visait notamment à incendier des bus, des stations-service, ainsi que des bâtiments publics tels que le siège de la Commission électorale locale (CEL) de Yopougon Niangon et les locaux de la mairie annexe de Yopougon Niangon à gauche », détaille le communiqué du magistrat.
Dans la nuit du 1er au 2 août, une série d’actes de violence d’une rare gravité a été perpétrée Yopougon. Une horde d’individus encagoulés, armés de machettes, de gourdins, d’armes à feu et de cocktails incendiaires, a incendié un bus de la Société des transports abidjanais (SOTRA), dégradé un véhicule de la police nationale et agressé ses occupants. Auditionnés mercredi à la préfecture de police d’Abidjan, Damana Adia Pickass, Justin Koua, des cadres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPACI) et le député Dia Houphouët, étaient, quant à eux, repartis libres.
MD
