Depuis son avènement en 2012, la Couverture Maladie Universelle compte aujourd’hui plus de 20 millions d’enrôlés. Pour la rendre pleinement efficace, les acteurs de la santé insistent sur la reconnaissance de toutes les spécialités.
Le Conseil des ministres a adopté le 30 juillet dernier un décret modifiant les articles 6, 7 et 8 du décret n° 2023-169 du 22 mars 2023 fixant les spécialités médicales, les actes de médecine, de biologie et les classes thérapeutiques des produits pharmaceutiques garantis par la Couverture maladie universelle (CMU). En attendant de connaître les détails desdites modifications, le personnel soignant a profité de l’occasion pour revenir sur la reconnaissance des spécialités dans la mise en œuvre de la CMU.
« Quand un médecin sort de l’école, il est systématiquement médecin généraliste. Lorsqu’il décide, par exemple, de devenir gynécologue, ophtalmologue ou dermatologue, c’est une spécialité. Il doit être par conséquent payé en tant que tel. Nous avons mené ce combat auprès du gouvernement et nous avons fini par avoir gain de cause. Mais, il existe certaines spécialités que l’Etat n’a pas encore pris en compte. Je veux parler des pharmaciens, des professeurs d’universités, des chercheurs. Le décret n’a pris en compte que les spécialités médecines. C’est donc une anomalie à corriger », explique Sylla Vazoumana, porte-parole de la Coordination nationale des syndicats du secteur santé (Coordisanté).
Autre fait que le spécialiste souligne : les frais de consultation relatifs aux spécialités. « Afin de garantir une plus grande efficacité de la CMU, nous pensons qu’il faut revoir les tarifs des consultations. Pour un patient qui vient consulter, la CMU le prélève au même tarif, que ce soit une consultation chez un généraliste ou chez un spécialiste. Ce sont des erreurs à rectifier. La consultation coûte 500 FCFA chez un généraliste dans les hôpitaux généraux et 1000 FCFA en spécialité. Dans les Centres hospitaliers régionaux (CHR), c’est 1000 F avec le généraliste et 2000F avec le spécialiste. Dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU), cette même consultation revient à 10 000 F pour le généraliste, tandis que le spécialiste la facturera à 15 000 FCFA », mentionne M. Sylla. Il plaide donc pour que, dans les modifications des articles 6, 7 et 8, cela soit revu.
RT
