Dans un communiqué publié le 21 février dernier, Nassénéba Touré, ministre de la Femme, de la famille et de l’enfant condamnait une sortie récente du cyberactivite, surnommé Johnny Patcheko. Si elle avait appelé le procureur de la République à agir, la ministre a surtout pointé du doigt ce phénomène qui tend à prendre de l’ampleur. Notamment, sur les réseaux sociaux.
À quelques mois des élections présidentielles, Inana Gaspard, sociologue, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure (ENS), appelle à une prise de conscience collective. « Les relations sociales sont sacrées. On doit avoir du respect pour l’autorité. Car, l’autorité vient de Dieu. Il faut respecter ceux qui nous commandent, tout comme ceux qui nous commandent, nous respectent », a souligné le sociologue.
Pour lui, ces dérives verbales trouvent leurs sources dans la cellule familiale, qui ne joue plus son rôle. « Il faut ajouter à cela, la culture de l’Occident qui influence les gens. Là-bas, on s’adresse aux autorités comme on veut. Les enfants haussent le ton sur leurs parents. Ici, nous avons nos valeurs. Quand le chef parle, on se tait et on écoute. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que les 62 ethnies qui forment la Côte d’Ivoire, sont en train d’être délaissées peu à peu, au profit du français. Et notre identité disparait, avec nos langues », regrette le sociologue.
Les insultes sur les réseaux sociaux ne sont que la face émergeante de l’iceberg, selon Inana Gaspard. C’est le comportement général qui inquiète. La fraude, la facilité, le non respect des feux tricolores, etc., sont devenus légion en Côte d’Ivoire. Personne ne veut poser des actes en faveur des autres. « On va mettre les Ivoiriens sous perfusion! Parce qu’il y a trop de comportements antisociaux », s’indigne le maître de conférences. La répression ? « La sanction peut provoquer des réactions violentes. Il vaut mieux sensibiliser », prévient-il. Au ministère de l’Intérieur et de la sécurité d’agir.
Raphaël Tanoh
