49 militaires ivoiriens détenus au Mali: Des questions à Goïta

par NORDSUD
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Toute personne, même accusée d’être un « mercenaire », a droit à un procès équitable et à la protection de ses droits. Les observateurs attendent surtout que les éléments de preuve soient présentés lors du procès annoncé par le procureur Samba Sissoko pour étayer les charges retenues contre les 49 soldats ivoiriens. Par vagues successives les 10, 11 et 12 août, les Ivoiriens ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt. Ils sont accusés par Bamako de «crimes d’association de malfaiteurs, d’attentat et complot contre le gouvernement, d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État, de détention, port et transport d’armes de guerre et de complicité de ces crimes». Le décor est donc planté. Il s’agira pour le parquet de prouver que les soldats sont arrivés à l’aéroport en pleine journée ce 10 juillet 2022 avec le «dessein funeste» de «briser la dynamique de la refondation et de la sécurisation du Mali, ainsi que du retour à l’ordre constitutionnel».

Existe-t-il des photos, des armes avec lesquelles l’infraction a été commise, des vidéos, des enregistrements audio ? Quel est le modus operandi arrêté par ces soldats qui comptent dans leur rang des éléments des Forces spéciales (FS) ivoiriennes? Qui sont les complices maliens qui devraient aider les fameux «mercenaires» une fois sur place ? Quelles étaient les cibles prioritaires ? Quand devrait avoir lieu l’action planifiée ?

A lire également: Affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés à Bamako : A quoi joue le Mali ?

Pour sûr, si les putschistes au pouvoir à Bamako avaient le moindre soupçon de preuve, cela se retrouverait depuis les premiers jours sur les réseaux sociaux.

La junte malienne s’était empressée, pour diffuser sur Whatsapp le 11 février 2022, un audio d’une conversation téléphonique non authentifiée entre le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, et le Malien Boubou Cissé, ancien Premier ministre sous Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

Il s’agissait là pour les militaires d’un butin de guerre. Ils en avaient fait leur chou gras.

Cette fois-ci, le colonel Assimi Goïta et ses hommes se contentent d’affirmations creuses.

Dans le cas de cette affaire rocambolesque, ce sera au procureur malien de présenter ses preuves en premier, car c’est lui qui doit prouver que les accusés sont coupables. Une sinécure en perspective. Car les avocats des soldats ivoiriens n’auront pas grande peine à démontrer qu’il s’agit d’une affaire montée de toutes pièces et qui ne repose sur aucun fait palpable.

Bakayoko Youssouf

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