Congo : Le président congolais refuse de se faire vacciner avec AstraZeneca

par nordsud.info
33 vues

« J’ai bien fait de ne pas me faire vacciner’’. Ce bout de phrase, extrait d’une interview du Président de la République du Congo, Félix Tshisekedi, a fait enfler la polémique dans le pays sur la vaccination anti-covid avec AstraZeneca. D’ores et déjà vus d’un mauvais œil dans l’opinion, ces propos du chef de l’Etat ont apporté de l’eau au moulin des détracteurs du produit issu des laboratoires suédo-britannique. Un écho médiatique contre-productif pour un pays qui tente d’accélérer la vaccination anti-covid en vue de juguler la progression de la troisième vague de l’épidémie.

Joint par RFI, le directeur de la communication de la présidence, Erik Nyindu, a tenté de limiter la casse en relativisant. «Le président est un fervent promoteur de la vaccination en tant que recommandation de santé publique. L’organisme africain de contrôle et de prévention des maladies a validé le vaccin AstraZeneca. Les autorités congolaises l’ont aussi validé, c’est pourquoi ce vaccin est très utilisé et de nombreuses personnes se font vacciner. Maintenant sur un autre plan, le président a dit, personnellement que lui avait des doutes sur ce vaccin. Et sur le plan personnel, il attendrait que – et ça va se faire de manière imminente – l’arrivée en RDC d’autres lots de vaccins. À ce moment-là, quand il y aura une panoplie plus large, il se fera vacciner. Le vaccin, ce n’est pas une obligation légale, c’est une recommandation, chacun est libre de se faire vacciner ou pas».

A mille lieues de ces précisions qui quadrillent le message du chef de l’Etat à une posture personnelle, l’opportunité des propos du numéro un congolais cristallise les jugements de valeurs. D’autant plus qu’il préside également aux destinées de l’Union africaine. De fait, l’instance panafricaine a commandé de grandes quantités du vaccin AstraZeneca et bénéficie des doses du vaccin offertes via l’initiative Covax.  «En tant que président de l’Union africaine, il aurait dû s’y prendre autrement», dit anonymement un ambassadeur africain à RFI.

Au plan national, notamment à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), la pilule ne passe pas. «Certaines erreurs de communication auraient pu être évitées au moment où on tente de redresser la barre», indique sous cape un expert.

Dans la sphère politique congolaise, les figures de l’opposition saisissent la balle au bond pour indexer implicitement le Président qui a par ailleurs annoncé qu’il briguerait un second mandat en 2023. «J’ai personnellement pris mes responsabilités et je me suis fait vacciner le 10 juin dernier pour montrer l’exemple de sorte que les Congolais m’emboîtent le pas», a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle, Martin Fayulu.

La Banque mondiale a approuvé le 25 juin 2021 l’octroi de 12,5 millions de dollars à la République du Congo pour l’acquisition de vaccins contre la Covid-19 et le renforcement de la sensibilisation sur les bienfaits de la campagne de vaccination, selon le ministère de la Communication et des médias.

Charles Assagba

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00