Côte d’Ivoire : Quand la présidentielle divise les organisations de travailleurs

par NORDSUD
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Depuis plusieurs semaines, l’actualité politique ivoirienne préoccupe les organisations de travailleurs du pays. Entre déclarations et mutisme, la position des uns et des autres semble se dessiner au fur et à mesure.

Alors que l’opposition ivoirienne tenait son meeting au stade Félix Houphouët-Boigny ce samedi 10 octobre, plusieurs centrales syndicales, réunies au sein des Organisations syndicales pour la paix sociale en Côte d’Ivoire, ont décidé d’interpeller les acteurs politiques sur la situation du pays. Au cours d’une déclaration, l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Ugtci), la Fédération des syndicats autonomes de Côte d’Ivoire (Fesaci-CG) et la centrale syndicale Dignité ont fait des propositions de paix au chef de l’Etat. Notamment l’appel au dialogue. Incitant également les acteurs politiques «à la retenue et à plus de responsabilité», Bli Blé David, porte-parole de cette coalition, a cependant noté l’absence dans leurs rangs de plusieurs centrales syndicales importantes du pays. Dont la Centrale syndicale humanisme (CSH) et l’Union nationale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Unartci) qui ont préféré se mettre en retrait. Parallèlement, l’Intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire Ifci, dirigée par Jean-Yves Abonga, a fait la semaine dernière, la proposition d’approcher les autres organisations de fonctionnaires du pays afin qu’ensemble, ces structures puissent parler aux hommes politiques. «Nous allons leur exposer nos points de revendications essentiels. Les fonctionnaires de Côte d’Ivoire sont prêts à voter pour le candidat qui sera prêt à satisfaire nos points de revendications», explique Jean-Yves Abonga. Une proposition qui ne sied pas cependant à tous. «Certains candidats ont déjà pris en compte nos idées, en promettant qu’ils allaient revaloriser le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) et le Salaire minimum agricole garanti (Smag). Sans oublier, la revalorisation de l’indice référentiel de base qui est resté fixé à 233 francs CFA depuis 1962», indique, pour sa part, Gnagna Zadi Théodore, président de la Plateforme nationale des organisations professionnelles de Côte d’Ivoire. Pour lui, la proposition de se mettre ensemble pour aller voir les différents candidats pour leur exposer leur plan n’a jamais été dans les projets de la Plateforme nationale. «Nous pensons que les gens nous ont déjà entendus. C’est d’ailleurs nous qui avons eu les premiers cette idée», conclut-il. Attaby Pacôme, le président de la Coalition des syndicats du secteur public de Côte d’Ivoire (Cssp-CI) voit les choses autrement. «Nous n’avons pas besoin de tous ces artifices. La Cssp-CI fera une déclaration dans les jours à venir sur la situation politique du pays. C’est notre droit d’en parler et pour l’instant, nous demandons aux acteurs politiques de penser à l’intérêt du pays», se contente-t-il d’interpeller. Avec des tons différents, des messages et des points de vue qui divergent, les travailleurs n’ont jamais été autant divisés sur la situation politique du pays.

Raphaël Tanoh

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