Côte d’Ivoire : Une police serviable…

par NORDSUD
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Les bavures policières ont un moment troublé la quiétude des Ivoiriens. Entre sensibilisation et sanctions, l’Etat semble avoir trouvé la formule pour faire de meilleurs policiers.

Les commissariats font peau neuve. Le 22ème arrondissement de Cocody-Angré, le 29ème arrondissement de Treichville, le 35ème arrondissement à la Riviera, le commissariat de police de Grand-Bassam, le commissariat de police mixte de Touba, etc. Selon la direction générale de la police nationale, cela rentre dans le «cadre du travail agréable, afin de réserver un accueil chaleureux à la population».

Mais la police ivoirienne n’a pas seulement envie de réserver un accueil chaleureux à la population. Elle veut tisser une histoire d’amour.
Pour ceux qui sont très observateurs, beaucoup ont dû remarquer l’entregent de ces limiers de l’Etat pendant ce mois de novembre. Rencontres d’échanges, opérations de salubrité dans les quartiers, tournois de football, les ont occupés.

Cohésion sociale

Le 28 novembre 2020, par exemple, un sport collectif de maintien et de la cohésion sociale a été organisé entre la police et la population de Lakota.

Le 26 novembre, une opération de salubrité a eu lieu au centre antituberculeux de Gagnoa, à l’initiative de la Police nationale.

La veille, a eu lieu dans les locaux de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS 1), la «Journée de dons aux orphelins», à l’initiative du commandant de ladite compagnie.

Le 23 novembre à Boundiali, on a assisté à une opération de salubrité au centre de santé urbain de Koko-Ton…
Dans les commissariats, on ne veut pas se faire conter ce type d’actions.

Le 5ème arrondissement, par exemple, a eu une réunion d’échanges avec des marchands de bétail d’Abidjan, dans les locaux de ladite coopérative à Port-Bouët.

Pendant ce temps, le 17ème arrondissement menait une opération de salubrité dans les locaux du centre de santé dénommé Agefosyn, à Yopougon-Niangon. Pour en mettre plein la vue, le 16ème arrondissement, lui, a mené des actions civilo-militaires à la formation sanitaire et urbaine et communautaire de Ouassakara-Attié.

Tiebissou, Yamoussoukro, Daoukro, Agnibilekrou, etc., de nombreuses villes de l’intérieur ont été touchées par ces actes de solidarité de la police.

Religieux

Un acte de rachat ? Non, plutôt une opération destinée à améliorer les relations avec la population, signale un officier de police sous le sceau de l’anonymat. «Ces actions rentrent dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité (RSS). Il y a eu d’abord la création en 2015 des comités consultatifs et d’éthique. Ils sont composés de policiers et de divers acteurs de la société dont les guides religieux. Ces organes ont été installés dans de nombreux commissariats. Ils ont une mission de veille. Entre autres, dénoncer les manquements des agents de la police nationale aux règles régissant leur profession, de sorte à éradiquer des maux tels que le racket, la corruption et les tracasseries. Ces comités ont aussi pour mission de recueillir les plaintes des personnes qui ont, habituellement, peur de se rendre au commissariat», explique notre source.

Voilà donc, comment a débuté l’opération pour l’amélioration de l’image de la police au sein de la société ivoirienne. Peu à peu, à l’entendre, on a assisté à une baisse des déviations au sein de ce corps. La plus grande réussite, pour lui, a été la baisse des bavures policières. «Il y a une certaine époque où, tous les mois, un policier utilisait son arme sur un civil innocent. Ce n’est plus le cas. On ne peut pas dire que le racket a baissé, parce que ceux qu’on racket sont de connivence avec les auteurs. Mais c’est une question que le ministère de la Sécurité est en train d’adresser», ajoute notre informateur.

Doctrine

Du point de vue de la population, on est agréablement surpris, mais encore circonspect : «C’est ce qu’on appelle la doctrine de la police de proximité. On travaille à améliorer la cohabitation entre policiers et population ; à rétablir la confiance ; à faire en sorte que les policiers et les populations interagissent. Le policier ne doit pas être vu comme quelqu’un qui est là pour la coercition, c’est aussi un éducateur», signale le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho), Willy Alexandre Neth.

Pour lui, l’autorité gagnerait à renforcer cette doctrine. Là, il où faudra mettre l’accent, c’est la lutte contre le racket. «Mais le racket va cesser si on améliore cette doctrine», termine le président de la Lidho.

Raphaël Tanoh

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