Droits des femmes: la parité est-elle possible en Côte d’Ivoire?

par nordsud.info
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Alors que le mois de mars, dédié aux droits des femmes, touche à sa fin, un regard rétrospectif sur leur place dans la société ivoirienne met en lumière un déséquilibre frappant. Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2021, la Côte d’Ivoire compte 29 389 150 habitants, dont 14 044 159 femmes, soit 47,79 % de la population. Pourtant, cette quasi-parité démographique est loin de se traduire dans la gouvernance et les postes à responsabilité.

En 2019, la loi N° 2019-870 du 14 octobre a introduit un quota de 30 % de femmes parmi les candidats aux élections législatives, sénatoriales et municipales. Toutefois, cette disposition n’impose pas que 30 % des élus soient des femmes, ce qui limite son impact réel sur la répartition des sièges. En 2023, malgré cette mesure, la présence des femmes dans les instances de décision reste faible : 6 femmes ministres sur 32 (18,75 %), 24 femmes sénatrices sur 99 (24,24 %), 25 femmes maires sur 201 (12,44 %) et 32 femmes députées sur 254 (12,60 %)..  « Même si la progression est visible, la parité reste encore un défi », a reconnu Fofana Binaté Namizata, conseillère technique au Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), lors de son intervention à l’émission Tout savoir sur. Comparé à des pays comme le Rwanda, où les femmes représentent 61,3 %  (51 femmes députées sur 80) des parlementaires alors qu’elles constituent 52 % de la population, le contraste est saisissant. Ce d’autant plus  le pays des milles collines a instauré un quota de 30% de femmes dans toutes les instances de prises de décisions. Un exemple à suivre.

Agressions physiques

À cette sous-représentassions s’ajoute une autre réalité alarmante : la violence persistante à l’encontre des femmes. En 2024, 9 607 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été déclarés et pris en charge, parmi lesquels 920 viols, 2 030 agressions physiques et 4 394 privations de ressources et d’opportunités. À cela s’ajoutent 25 cas de mutilations génitales féminines (MGF), un chiffre en baisse grâce aux efforts du Plan national de promotion de l’abandon des MGF. Toutefois, ces statistiques ne représentent que la partie visible de l’iceberg, les violences et discriminations étant souvent sous-déclarées en raison de la peur des représailles ou de la stigmatisation.

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Face à cette situation, le gouvernement égrène son chapelet d’actions à travers  le Programme National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG). Une initiative qui a été renforcé avec 95 plateformes multisectorielles intégrant police, justice, santé et ONG, une ligne verte (1308) pour des dénonciations anonymes, 32 bureaux d’accueil genre dans les commissariats et gendarmeries. Le dispositif comprend aussi plusieurs centres spécialisés, dont les Pavvios d’Attécoubé, Bouaké, Korhogo et Adiaké, offrant une prise en charge aux survivantes des VBG.

Avec près de la moitié de la population ivoirienne constituée de femmes, leur faible présence dans la prise de décision et leur vulnérabilité face aux violences posent une question cruciale : comment traduire les engagements en actions concrètes pour une égalité réelle ? Alors que le mois de mars s’achève, le combat pour les droits des femmes doit plus que jamais rester une priorité nationale.

Charles Assagba

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