Chose promise, chose due. La restitution de 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey pillées et volées au XIXè siècle par les troupes coloniales et conservées au musée Quai Branly en France est légalement chose faite. Les objets regagneront effectivement leur bercail, mercredi, conformément à la signature par le Bénin et la France, ce 9 novembre , d’un acte de transfert de propriété.
Un moment historique gravé dans le marbre, ce mardi lors de la cérémonie solennelle à l’Elysée au cours de laquelle le président français Emmanuel Macron a reçu son homologue béninois, Patrice Talon. Clou du spectacle, le retour historique de ces objets a été entériné par un acte de transfert de propriété estampillé du sceau du ministre de la Culture français, Roselyne Bachelot et son homologue béninois, Jean-Michel Abimbola. Au nombre des œuvres qui seront restituées figurent : des statues totem de l’ancien royaume d’Abomey ainsi que le trône du roi Béhanzin et tutti quanti.
Prenant la parole, Patrice Talon s’est voulu mi-figue mi-raisin. «C’est notre âme qui revient, ce sont 26 œuvres royales, bien plus que des objets. Cela relève de notre patrimoine génétique profond (…) J’ai espéré, désespéré et j’ai prié les ancêtres», s’est-il réjoui d’emblée.
Dans la suite de son propos, le numéro un béninois a traduit son courroux. «Monsieur le président, convenez avec moi que la restitution de 26 œuvres que nous consacrons aujourd’hui n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution des patrimoines mémoriels extorqués jadis au royaume du territoire du Bénin par la France. Monsieur le président, il est regrettable que cet acte de restitution si pourtant appréciable ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction. En effet, comment voulez-vous qu’à mon départ d’ici avec les 26 œuvres mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux et de la forge, la tablette du Fa, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guédégbé, et beaucoup d’autres, continuent d’être détenues ici en France au grand dam de leurs ayants droit», a-t-il regretté.
Charles Assagba
