La Tunisie s’est dotée, lundi 11 octobre, d’un nouveau gouvernement, onze semaines après l’éviction du précédent cabinet par le président Kaïs Saïed, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet.
« Le président de la République promulgue un décret nommant le chef du gouvernement et ses membres », a indiqué la présidence dans un communiqué, peu avant la diffusion par la télévision officielle de la cérémonie de prestation de serment.
Najla Bouden a été nommée le 29 septembre, plus de deux mois après le limogeage le 25 juillet du Premier ministre Hichem Mechichi par le chef de l’État, qui a également gelé le Parlement et pris en main le pouvoir judiciaire.
Samir Saïd, un banquier, a été nommé ministre de l’Économie et de la Planification tandis que l’avocat Taoufik Charfeddine a retrouvé le portefeuille de l’Intérieur dont il a déjà été le titulaire entre septembre 2020 et janvier 2021. Dans un discours lors de la prestation de serment, la Première ministre âgée de 63 ans a affirmé que « la lutte contre la corruption sera le plus important objectif » de son gouvernement, qui compte 25 membres outre sa cheffe.
L’annonce du nouveau gouvernement survient au lendemain d’une nouvelle manifestation à Tunis contre les mesures d’exception décidées par le président tunisien, à laquelle ont participé au moins 6 000 personnes dans la capitale Tunis.
Bakayoko Youssouf
