Listes grises du GAFI et de l’Union européenne : le gouvernement joue la carte de la transparence

par nordsud.info
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À l’ordre du jour des échanges entre les journalistes et le porte-parole du gouvernement, à l’issu du conseil des ministres de ce mercredi 18 juin 2025, une question lourde de répercussions diplomatiques et économiques : l’inscription de la Côte d’Ivoire sur la liste des pays à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, établie par l’Union européenne. Une décision faisant suite à la mise sous surveillance renforcée du pays par le Groupe d’action financière (GAFI) en octobre 2024.

Face à la presse, le porte-parole du gouvernement a balayé toute idée de surprise. La décision de l’Union européenne, a rappelé Amadou Coulibaly, s’inscrit dans un mécanisme de transposition automatique des décisions du GAFI. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle mise en cause, mais de la continuation d’un processus enclenché depuis plusieurs mois, a-t-il laissé entendre. « Nous ne sommes pas surpris », a-t-il déclaré. « C’est une directive européenne qui découle de la décision du GAFI, prise en octobre 2024. La conséquence est avant tout une exigence de conformité », a ajouté le ministre de la Communication.

En vue du retrait de la Côte d’Ivoire de la liste grise du GAFI et de la liste “rouge” de l’Union européenne, le gouvernement affirme coopérer étroitement avec ces organismes. «Nous travaillons avec le GAFI. Les choses se passent très bien. En ce qui nous concerne, il y a 31 mesures qui nous ont été demandées. Nous avons commencé à les adresser. Les efforts, sont très positifs. Donc, nous avons bon espoir de sortir de cette liste du GAFI et, de façon quasi mécanique, de celle de l’Union européenne », a expliqué le conférencier.

Le porte-parole du gouvernement a replacé cette mise sous surveillance dans le contexte plus large de la lutte contre le terrorisme. « Nous sommes engagés dans la lutte contre le terrorisme. Notre pays n’a pas seulement été victime, il en subit encore les conséquences, puisque, aujourd’hui, sur notre territoire, nous avons pratiquement 100 000 réfugiés. Ce serait un paradoxe qu’un pays aussi engagé dans la lutte contre le terrorisme puisse encourager le financement du terrorisme ou le blanchiment de capitaux. C’est une question de cohérence de notre politique », a-t-il martelé.

La sortie de la liste du GAFI et par ricochet de celle de l’Union européenne apparaît ainsi comme une affaire de temps, à condition que le rythme des réformes reste soutenu. En toile de fond, c’est la crédibilité financière du pays et la solidité de ses institutions qui se jouent. Un test de gouvernance dans lequel le gouvernement ivoirien semble déterminée à faire ses preuves.

Charles Assagba

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