Macron en Algérie: Un rendez-vous du donner et du recevoir

par NORDSUD
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Le numéro un français, Emmanuel Macron, foule le sol algérien, dans le cadre d’une «visite officielle et d’amitié» à son homologue, Abdelmadjid Tebboune. A en croire le site officiel de la présidence française, consécutivement à un entretien téléphonique, le samedi 20 août, entre les deux chefs d’Etat, le président français a «remercié son homologue pour son invitation» tout en confirmant sa venue en Algérie du 25 au 27 août 2022.

Officiellement, les services de communication de l’Elysée placent cette seconde visite d’Emmanuel Macron en Algérie sous un tryptique : l’approfondissement «de la relation bilatérale tournée vers l’avenir au bénéfice des populations des deux pays», le renforcement de «la coopération franco-algérienne face aux enjeux régionaux» et la poursuite du «travail d’apaisement des mémoires».

Dans un contexte marqué par des relations diplomatiques tendues entre Paris et Alger, avec en point de crète, le rappel de l’ambassadeur d’Algérie en octobre 2021 après des propos du président français sur le système « politico-militaire » algérien, ce rendez-vous a des allures du cadre idéal pour crever l’abcès. Tout autant d’actualité, le sujet des visas sera au menu des échanges.  De fait, Paris a décidé de la réduction des délivrances de visas à l’Algérie, en rétorsion au refus du pays d’accueillir ses ressortissants expulsés par la France.

Dans le camp de l’hexagone, cette visite présente également des intérêts stratégiques. En passe de faire les frais de la crise énergétique, une pénurie de gaz, résultant de la crise ukraino-russe, la France devra jouer la carte des négociations en vue d’obtenir le précieux hydrocarbure dont l’Algérie est le troisième fournisseur aux pays européens.

Interrogé par l’AFP, Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève, a situé les enjeux de la question.  «En cette période de guerre en Ukraine, l’Algérie ne manque pas de clients. La France a plus intérêt à se procurer du gaz que l’Algérie n’en a à lui vendre (…) L’Algérie ne peut pas non plus faire l’impasse sur une bonne entente avec Paris», équilibre-t-il.

Une interdépendance qui devrait apporter une saveur singulière à ce rendez-vous au cours duquel, Emanuel Macron visitera le cimetière Saint-Eugène dans la périphérie d’Alger, très grand cimetière chrétien et juif, et rencontrera des artistes, à Oran.

Charles Assagba

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