Prétendu vol de 232 milliards F: Le rapport qui blanchit Aly Kader et Ouattara Sié Abou

par NORDSUD
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Ce que dit l’audit. Le démenti de l’Inspection Générale des Finances (IGF) est tombé ce jeudi 13 janvier 2022. Clair, net et tranché : «Aucune ressource publique n’a fait l’objet de détournement…»

C’est ce qui ressort d’un communiqué publié hier par l’institution suite aux allégations circulant sur les réseaux sociaux  faisant état d’un détournement de pas moins de 232 milliards de francs CFA des caisses du Trésor public, sur la période de janvier 2020 à juin 2021.

Ciblées directement par ces allégations, la Direction Générale des Impôts et l’Agence Comptable Centrale du Trésor.

Mais le communiqué de l’IGF est clair : Les opérations de vérification portent sur les recettes fiscales collectées par une régie spéciale, celle des E-Recette Principale des Impôts (appelé E-RPI).

Il se trouve que c’est  l’Agence Comptable Centrale du Trésor (ACCT) qui a saisi l’Inspection Générale du Trésor (IGT) aux fins de vérification des comptes arrêtés sur la gestion 2020.

C’est en appui de cette première mission de contrôle de l’IGT que l’Inspection Générale des Finances (IGF), soutenue par deux structures techniques indépendantes, a lancé au second semestre 2021 la vérification des opérations de la E-Recette Principale des Impôts ( E-RPI) sur la période cette fois plus étendue de janvier 2020 à juin 2021.

Le résultat de ces contrôles permet de faire les constats suivants :

  1. Les conclusions des deux missions, IGT et IGF, concordent parfaitement.
  2. «Aucun détournement de ressource publique» n’a été relevé sur des prétendus montants de 94 et 138 milliards de FCFA au profit «d’un individu ou d’un groupe d’individus».
  3. Les 94 milliards F, destinés aux collectivités territoriales, étaient en attente pour en définir les attributaires et les clés de répartition. Le rapport des inspecteurs dit que ces fonds ont été effectivement reversés aux bénéficiaires légaux.
  4. Les 138 milliards F quant à eux, résultent de certaines recettes fiscales qui ont été affectées dans des comptes d’imputation inappropriés. Les corrections comptables ont été effectuées. Et cet argent n’a pas disparu. Il est retracé et localisé dans le Compte Général de l’Administration des Finances (CGAF).

Ces missions d’inspections ont par ailleurs préconisé un cadre de surveillance amélioré de la traçabilité et de la gestion des finances publiques contenu dans un plan d’action en cours d’exécution par toutes les administrations concernées.  

Voilà toute l’affaire.

Le procès en sorcellerie. Une affaire qui n’a rien à voir avec celle racontée par notre confrère Saïd Penda dans une vidéo choc de neuf minutes publiée sur la toile le mercredi 12 janvier 2022.

Le cyber-journaliste, très actif sur la toile, n’a pas manqué de superlatifs : L’affaire, selon lui, serait «explosive,…un sujet d’une extrême gravité…,mettant en danger de mort le journalisme d’investigation».

Ses investigations à lui seraient soutenues par «1800 documents confidentiels».

Les coupables de Saïd Penda seraient deux hauts cadres, qu’il cible et attaque régulièrement : Le directeur général des Impôts, Ouattara Sié Abou et l’agent comptable central du Trésor, Aly Kader Coulibaly.

A eux deux, toujours selon l’inquisition de notre confrère, ils auraient mis en place un système de faux comptes d’opérations, tous logés à la Banque Nationale d’Investissement (BNI) pour pomper 232 milliards FCFA en six mois.

C’est cette grosse bulle de supputations approximatives que le double rapport de l’Inspection Générale du Trésor et l’Inspection Générale des Finances vient de dégonfler.

En attendant que le cyber-journaliste d’investigation livre le contenu des «1800 documents confidentiels stockés sur son cloud».

Le «wikileaks à l’ivoirienne» n’a pas encore eu lieu.

Imane E. Fatima

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