L’adieu de la France au Mali? Selon les informations d’Africa Intelligence, le président français organisera le 16 février à Paris un sommet largement consacré à la situation au Sahel. Emmanuel Macron devrait réunir plusieurs chefs d’Etat ouest-africains. C’est donc au cours de ce conclave, conjointement avec l’Union européenne (UE), que le président français annoncera certainement le retrait définitif des militaires français déployés au Mali. Cette réorganisation du dispositif militaire français devrait s’articuler avec une intensification de la coopération sécuritaire avec les capitales ouest-africaines directement concernées à l’instar de Niamey, Abidjan ou encore des pays côtiers au premier rang desquels le Bénin et le Togo, souligne Africa Intelligence.
C’est également ce que croit Jeune Afrique. « Malgré la fin annoncée de l’opération Barkhane, sur fond de tensions diplomatiques, la France entend conserver une présence significative dans la bande sahélo-saharienne. Le Niger doit ainsi devenir le nouveau centre de gravité des opérations antiterroristes. La ministre des Armées, Florence Parly, était d’ailleurs à Niamey, centre des opérations aériennes de l’armée française de la région, début février », écrit l’hebdomadaire. Avant d’ajouter: « Membre de l’Initiative d’Accra, un mécanisme de collaboration sécuritaire rassemblant le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo, Abidjan devrait jouer un rôle central dans cette reconfiguration ». Soulignons que les 7 et 8 février, le chef d’état-major français, Thierry Burkhard, a effectué en côte d’Ivoire une visite hautement symbolique. Il a rencontré son homologue ivoirien, le général Lassina Doumbia, le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, visité l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, l’école militaire préparatoire de Bingerville, et rendu visite aux forces française basées en Côte d’Ivoire (FFCI).
L’opération militaire française Serval déployée à partir du 10 janvier 2013 a, de toute vraisemblance, permis d’éviter la prise de la capitale malienne par les groupes armés, sévissant dans le nord du pays.
Au moment du déploiement de l’opération Serval, les autorités françaises ont avancé plusieurs fondements à cette opération militaire menée en territoire étranger : la France a estimé qu’elle intervenait à la demande du gouvernement malien, au titre de la légitime défense collective, dans le cadre de la légalité internationale telle qu’elle résultait notamment de la résolution 2085 du Conseil de sécurité, adoptée le 20 décembre 2012. Serval été transformée le 1er août 2014 en Barkhane.
Des centaines de personnes se sont rassemblées, le 5 février 2022, à la Tour d’Afrique dans le centre de la capitale malienne Bamako pour protester contre la présence de l’Opération française « Barkhane » au Mali.
Les manifestants scandaient « Adieu la France » , « vive la coopération Mali-Russie » et « vive la refondation de l’Afrique ».
Selon le président du Collectif pour la refondation du Mali (initiateur du rassemblement), Aboubacar Sidiki Fomba, » cette manifestation avait pour objectif de réclamer le départ de la force Barkhane du territoire national avec un plan de retrait immédiat ».
Les tensions entre Paris et Bamako sont montées d’un cran depuis la prise du pouvoir au Mali par les militaires qui n’ont pas caché leur rapprochement de la Russie à travers notamment une coopération renforcée dans le domaine sécuritaire.
Bakayoko Youssouf avec agences
