Robert Bourgi, « le mauvais génie » de la Françafrique

par nordsud.info
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La Françafrique a posé ses valises d’argent, de crimes et d’anecdotes sulfureuses sur le plateau de NCI 360. Robert Bourgi refait l’histoire de toute une vie. Deux questions n’ont pas été posées en plateau : les fameuses valises continuent-elles de circuler ou pas ? Et en avons-nous fini vraiment avec la Françafrique ?

Les experts à l’ère de « la télé d’opinion » ont ceci d’extraordinaire, qu’ils peuvent se saisir dans un débat, du contenu d’un livre qu’ils n’ont pas lu. Quelques bonnes feuilles parcourues suffisent à faire un débat, parce que le diktat de l’actualité brûlante impose d’en parler…. Le premier thème du rendez-vous du NCI 360 d’hier dimanche, portait sur « le livre-confessions » du sulfureux avocat, godillot de Jacques Foccart, Robert Bourgi. Ambitions contrariées, vaine revanche sur l’histoire d’une vie couverte de honte et d’opprobre, c’est déjà assez d’ingrédients méphitiques, qui façonnent le destin maudit, de cet homme qui n’a jamais su faire de la droiture, la vertu cardinale de son existence. Personnellement Robert BOURGI, m’a fait penser au récit d’Albert Camus, « La Chute ». Dans le « prière d’insérer » qui accompagnait la première édition de ce livre auquel il tenait tant parmi sa riche bibliographie, Camus écrivait, en parlant du héros de ce récit : « … il ne peut supporter d’être jugé. Il se dépêche donc de faire son propre procès mais c’est pour mieux juger les autres. Le miroir dans lequel il se regarde, il finit par le tendre aux autres. Où commence la confession, où l’accusation ? »

Ce que suggère ce livre que nous n’avons pas encore lu

L’intérêt des « révélations » du livre de Robert Bourgi est donc ici : au soir d’une vie de tricheries et de braquages, l’enfer, ce n’est pas les autres mais la conscience de soi… Délaissé de tous, Robert Bourgi est une âme solitaire et en peine, qui fait l’inventaire de son parcours. Pour Hervé GUÉI APALI, qui résume l’actualité de ce personnage sulfureux : « Se faire revoir vend des livres. Se rappeler à la mémoire de ceux qui l’auraient oublié », fait mieux exister. Mais au-delà de la sortie de cet avocat spécialiste des coups bas, se posent in fine, la question de notre responsabilité, en tant qu’État souverain, et la façon dont certains de nos dirigeants gèrent l’argent public. « La politique est belle dans son essence mais sale dans son déploiement… » dira le philosophe Simplice DION et pour qui, deux poèmes de Jean de la Fontaine résument bien « la question Bourgi » : « Le loup et l’agneau », la raison du plus fort est toujours la meilleure et « Le corbeau et le renard », tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute… Mais note fort justement Hervé GUÉI APALI, « c’est l’incompétence de nos États à trouver des compétences pour gérer leurs élections qui aiguisent les appétits de ce type de rapaces… »

Le débat passionné autour de ce livre montre combien il sera difficile de refermer la sombre page de la crise de 2010-2011. Le plus dur, c’est qu’il faudra gérer encore longtemps, ce conflit des mémoires. Il appartiendra à l’histoire de prononcer un jour sa sentence. Et même là, rien ne prouve qu’elle les réconcilierait … « Il y a quand même eu 3.000 morts », rappelle en plateau l’historien Arthur Banga.

Ange Hermann GNANIH

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