Suzanne Mentenon, la Maman des gros bébés

par NORDSUD
Publié: Dernière mise à jour le 134 vues

C’est une mission impossible, dans un milieu où l’aide et le soutien font cruellement défaut : sauver les personnes âgées. Mais Suzanne Mentenon y croit. Qui est-elle pour oser porter un tel fardeau ?   

Suzanne Mentenon, s’est fixé pour mission de sauver les personnes âgées. Dans son quartier, à Abobo-Sogefiha, qui lui sert aussi de lieu de travail, cette quadragénaire réservée au regard très maternel, ne laisse personne indifférent. Save The Olders (sauver les personnes âgées), est la structure pour laquelle elle vit. Une ONG qui a pour but de venir en aide aux personnes du troisième âge. Ils ont entre 60 et 80 ans. Ils aiment l’appeler « maman » et elle les dorlote en ces termes : « ce sont de gros bébés ». Quand on lui demande d’où lui vient cette inspiration de créer une ONG aussi singulière qu’affective, Suzanne Mentenon y répond : « Depuis toute petite, c’est quelque chose qui me passionne : aider les personnes âgées. Je n’ai jamais eu d’amis de mon âge. Ça a été toujours des personnes âgées. Et puis, je me suis prise d’affection pour cette tranche d’âges très vulnérable, parfois plus vulnérable que des enfants. Parce que les parents comprennent en général le langage des enfants. Mais les personnes âgées, elles, sont renfermées. Et les gens ne prennent pas la peine de les connaître, de les écouter. Et du fait de leurs âges, elles ne peuvent pas revendiquer, non plus, ou se plaindre. J’ai donc décidé d’être le porte-voix de ces personnes ». Créé en 2014, son centre de retraite, Save the Olders, n’a jamais été autant éprouvé. Plus de 200 pensionnaires figurent déjà dans sa base de données. Et les adhésions se font tous les jours. Des retraités venant des quatre coins du pays. Un héritage qu’elle tient de sa mère. Cette dernière lui a donné les rudiments avant de s’en aller. « J’ai décidé de poursuivre son œuvre », affirme-t-elle. Suzanne Mentenon est elle-même une source d’épreuves. Croyante pratiquante, à l’âme sensible, elle n’a pas fléchi dans sa mission, même lorsque le Seigneur l’a encore éprouvée, suite au décès de sa mère. En effet, après avoir perdu son époux, elle était là, les jours suivants, auprès de ses « gros bébés ». Sans elle, que seraient-ils et sans eux que serait-elle ?  « Je dois vous confesser que des fois, je me réveille en sursaut. Il y a tellement de problèmes à gérer. Mais j’essaye de les contenter quand je le peux. Le plus souvent, ils n’ont pas besoin de grand-chose. Certains ont juste envie de parler », souligne-t-elle.  Son rêve, c’est de donner de l’espoir aux personnes âgées. Elle affirme qu’elle s’y consacrera corps et âme, tant qu’elle aura le souffle de vie. Ce n’est pas une vie pour une femme, mais les femmes peuvent souvent se montrer tenaces et très déterminées quand il s’agit de donner de l’amour.

Raphaël Tanoh

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