Il avait déjà prêté serment le 16 février devant le Conseil constitutionnel du Burkina Faso. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, auteur d’un coup d’Etat le 24 janvier, a de nouveau été investi ce mercredi 2 mars 2022 président. L’investiture s’est tenue dans la même salle que celle où se tient depuis octobre 2021 le procès des assassins présumés en 1987 de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara. Le nouvel homme fort du Burkina, en treillis de combat et béret rouge, n’a pas prononcé de discours lors de cette sobre cérémonie devant les représentants des corps constitués, de l’armée, du corps diplomatique et des « forces vives » du pays.
Cette investiture intervient au lendemain de l’adoption d’une charte de la transition. La période de transition avant un retour à l’ordre constitutionnel a été fixée à trois ans, selon cette charte signée par le lieutenant-colonel Damiba, qui lui interdit de se présenter aux élections prévues à la fin de la transition. Une interdiction qui s’applique également au président de l’organe législatif de 71 membres qui va être mis en place pendant la transition. La charte prévoit en outre la formation d’un gouvernement de 25 membres dirigé par un Premier ministre civil.
Le lieutenant-colonel Damiba, 41 ans, a pris le pouvoir après deux jours de mutineries dans plusieurs casernes du pays, renversant le président élu Roch Marc Christian Kaboré qui n’a pas réussi à endiguer la violence jihadiste: dans le sillage du Mali et du Niger, celle-ci a fait depuis sept ans au Burkina quelque 2.000 morts et plus d’1,5 million de déplacés.
Bakayoko Youssouf avec AFP
