Le Moyen-Orient retient son souffle. Des frappes menées par Israël et les États-Unis contre Téhéran ont coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei. L’annonce, faite par Donald Trump puis confirmée par la télévision d’État iranienne, ouvre une séquence d’une extrême gravité, entre menaces de représailles et recomposition du pouvoir à Iran.
Les frappes, conduites samedi 28 février et dimanche 1er mars sur la capitale iranienne, ont provoqué un véritable séisme politique. Dans la soirée de samedi, le président américain Donald Trump a annoncé la mort d’Ali Khamenei dans l’attaque conjointe américano-israélienne. Quelques heures plus tard, la télévision d’État iranienne confirmait l’information, officialisant la disparition de la plus haute autorité de la République islamique.
En réaction, Téhéran a décrété 40 jours de deuil national et instauré sept jours fériés. Une décision à forte portée symbolique dans un pays où la figure du guide suprême à la main sur l’architecture institutionnelle et religieuse depuis la Révolution islamique de 1979.
La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre sur le terrain des déclarations. Les Gardiens de la révolution ont promis « l’offensive la plus féroce de l’histoire des forces armées de la République islamique d’Iran », assurant qu’elle « débutera d’un moment à l’autre contre les territoires occupés et les bases terroristes américaines ».
Selon la télévision d’État iranienne, « vingt-sept » bases américaines dans la région figureraient parmi les cibles potentielles, de même que le quartier général de l’armée israélienne et un complexe industriel de défense à Tel-Aviv. Des annonces qui font redouter une escalade militaire d’ampleur régionale, voire internationale.
Face au vide institutionnel créé par la mort du guide suprême, un triumvirat a été mis en place pour assurer la transition. Il est composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et du juriste Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens de la Constitution.
Cette direction collégiale aura la lourde tâche de maintenir la stabilité interne, alors que le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine.
La télévision d’État iranienne a également annoncé la mort de plusieurs hauts responsables sécuritaires et militaires, parmi lesquels le chef d’état-major Abdolrahim Moussavi, le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, le chef des renseignements de la police Gholamreza Rezaian ainsi que Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême.
Ils auraient été tués « lors d’une réunion du Conseil de défense », selon la même source, qui a indiqué que d’autres noms pourraient être communiqués ultérieurement. Cette décapitation partielle de l’appareil sécuritaire iranien accentue les incertitudes sur la capacité de réaction coordonnée de Téhéran.
Ces frappes surviennent alors que Washington et Téhéran étaient engagés dans des négociations autour du programme nucléaire iranien. Un nouveau round de discussions s’était tenu les 26 et 27 février à Oman. Selon le chef de la diplomatie omanaise, l’Iran avait accepté de ne pas stocker d’uranium enrichi, ouvrant la voie à un possible compromis.
La tournure militaire des événements compromet désormais toute perspective de dialogue à court terme.
Au Liban, le Hezbollah a réagi par la voix de son chef Naïm Qassem. Dans un communiqué, il a affirmé que le mouvement allait « faire face à l’agression » américano-israélienne ayant coûté la vie à Ali Khamenei. « Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l’agression », a-t-il déclaré, ajoutant : « Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (…) le terrain de la résistance. » Pour l’heure, le Hezbollah n’a toutefois pas annoncé d’intervention militaire directe.
Entre deuil national, promesses de représailles et recomposition du pouvoir, la mort d’Ali Khamenei marque un tournant historique pour l’Iran et pourrait redessiner durablement l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient. Le monde, lui, observe avec inquiétude l’évolution d’une crise dont les répercussions pourraient dépasser largement les frontières de la région.
MD, avec RFI
