PPA-CI : Don Mello, la candidature du défi

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 41 vues
Ahoua Don Mello, jusqu’au bout de sa logique.

Après le rejet de sa proposition d’une ‘’candidature de précaution’’ et en dépit des vives critiques qui s’en sont suivies, Ahoua Don Mello n’a pas reculé. Le vice-président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a franchi une étape décisive en annonçant officiellement sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025.

Le climat politique en Côte d’Ivoire est tout sauf apaisé à l’approche de l’élection présidentielle. À trois mois du scrutin, l’agitation est palpable, et le PPA-CI n’échappe pas aux tensions. Au cœur des débats, la candidature de Laurent Gbagbo, figure tutélaire du parti, mais radié de la liste électorale suite à sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du casse de la BCEAO, liée à la crise post-électorale de 2010-2011.

Guerre de stratégies

Malgré cette exclusion, le parti continue de miser exclusivement sur l’ancien président, entre appels à la clémence d’Alassane Ouattara et menaces ouvertes de Laurent Gbagbo contre ceux qui l’ont évincé du processus électoral. Cette stratégie, qui ignore toute alternative, provoque des remous internes et divise les militants.

C’est dans ce contexte que, le 29 juin 2025, un courrier confidentiel d’Ahoua Don Mello adressé à Laurent Gbagbo a fuité. Il y plaidait pour une approche pragmatique visant à autoriser deux ou trois candidatures parallèles – qualifiées de « candidatures de précaution » – en complément de celle de Gbagbo, dans l’éventualité où cette dernière serait définitivement rejetée.

« Tu as engendré plusieurs Gbagbo capables de relever le défi », écrivait-il, avant de mettre en garde contre une nouvelle politique de la chaise vide, susceptible de priver le parti de toute existence politique après 2025.

Polémiques

Mais la réponse de la direction du PPA-CI fut sans équivoque. Par la voix de Sébastien Dano Djédjé, président exécutif, le parti a rappelé que Laurent Gbagbo est et reste le candidat désigné par le comité central depuis le 9 mars 2024, une décision validée publiquement lors de la convention et de l’investiture du 10 mai.

« Il n’y a ni plan B, ni plan de précaution », a-t-il martelé.

Ce désaveu a aussitôt déclenché des réactions en chaîne : mises à l’écart, limogeages, tensions internes. Des cadres proches de Don Mello ont été poussés vers la sortie, dans ce qui s’apparente à une purge politique. Face à cette levée de boucliers, Don Mello n’a pas tardé à contre-attaquer. Dénonçant l’intolérance de la direction, il a franchi le Rubicon.

« Je suis candidat à la présidentielle d’octobre prochain », a-t-il déclaré, affirmant ne pas redouter de se lancer sans l’investiture du PPA-CI.

Audace

Actuel premier vice-président de l’Alliance internationale des BRICS, chargé des projets stratégiques, Ahoua Don Mello affirme mener des discussions avec Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Mamadou Koulibaly, figures en rupture avec leurs formations d’origine, toutes positionnées dans l’opposition. Cette ouverture à d’autres alliances traduit sa volonté d’élargir sa base au-delà du PPA-CI.

Mais cette démarche, jugée solitaire par certains, pourrait coûter cher à Don Mello. Il s’expose non seulement à une exclusion du parti, mais également à l’isolement sur l’échiquier politique. Ses soutiens, tels que Kouakou Kouamé, son directeur de cabinet, continuent de défendre son appartenance au PPA-CI.

« Le camarade Don Mello reste militant du parti, n’en déplaise à ceux qui lui indiquent la porte de sortie vers un mouvement imaginaire », a-t-il mis en garde.

Immense défi

Mais aujourd’hui, le véritable enjeu pour Don Mello n’est plus seulement politique, mais stratégique. Réussira-t-il à mobiliser une base électorale et à réunir les parrainages exigés pour valider sa candidature ? Son défi est immense. Il devra convaincre, structurer, rallier, dans un contexte où le PPA-CI campe fermement sur sa ligne et où le temps joue contre les candidatures indépendantes.

Si sa démarche marque un tournant dans l’histoire du parti fondé par Laurent Gbagbo, elle en révèle aussi les lignes de fracture, les limites de la loyauté et les tensions entre l’idéalisme militant et le réalisme politique. Le pari de Don Mello est risqué, mais il est désormais lancé.

Marc Dossa

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