A deux mois de la présidentielle : pourquoi le gouvernement affiche sa fermeté

par nordsud.info
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A moins de deux mois du scrutin présidentiel prévu le 25 octobre, le climat politique ivoirien se crispe. Confronté à une opposition déterminée à contester l’exclusion de plusieurs de ses figures de la liste électorale, le gouvernement ivoirien opte pour une posture de fermeté, justifiée, selon les autorités, par des impératifs de sécurité nationale et de préservation de l’ordre public.

Dans la nuit du 1er au 2 août, des violences ont éclaté à Yopougon. Un bus de la SOTRA et un véhicule de la police nationale ont été incendiés par des individus cagoulés et armés, selon le procureur de la République. Plusieurs suspects ont été arrêtés, dont un se présentant comme agent de sécurité du PPA-CI, parti de l’ancien président Laurent Gbagbo. Si cette arrestation a été médiatisée, elle a aussi été vivement critiquée par les responsables de l’opposition, qui dénoncent une mise en scène et des arrestations jugées arbitraires.

Cette flambée de violence intervient alors que le “Front commun”, coalition réunissant le PPA-CI et le PDCI, avait prévu une marche à Abidjan pour exiger la réinscription sur les listes électorales de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Guillaume Soro. La manifestation a été interdite par le préfet d’Abidjan, avant d’être reprogrammée au 9 août.

Une stratégie sécuritaire assumée

Face aux critiques, le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, a défendu la posture du gouvernement. Il affirme que les services de sécurité disposent « de renseignements crédibles » faisant état de tentatives de déstabilisation à l’approche de l’échéance électorale. La diffusion télévisée des aveux de l’un des suspects, bien que controversée, s’inscrit, selon les autorités, dans une stratégie de « transparence » visant à rassurer l’opinion publique et prévenir toute psychose.

« Le gouvernement ne tolérera aucune tentative de trouble à l’ordre public. Force restera à la loi », a martelé le ministre, en appelant les populations au calme.

Cette ligne dure est renforcée par les souvenirs encore vifs de la crise électorale de 2020, marquée par des violences postélectorales et la tentative avortée de création d’un Conseil national de transition par l’opposition. Depuis lors, le président Alassane Ouattara ne cesse d’affirmer que toute velléité de coup d’État ou de subversion sera réprimée. « Notre armée est professionnelle, solide. Il n’y aura pas de coup d’État en Côte d’Ivoire. S’ils tentent quoi que ce soit, ils auront affaire à moi », avait-il averti dès 2022, et plus récemment, en début d’année, il a rappelé aux forces de sécurité leur responsabilité dans la sécurisation du scrutin.

Un contexte politique sous tension

De leur côté, les partis d’opposition accusent le pouvoir de museler la démocratie. Le PPA-CI a dénoncé, dans un communiqué, une vague d’arrestations nocturnes visant ses militants, dont une députée suppléante. Le parti évoque des « méthodes autoritaires » et menace de porter l’affaire devant les juridictions internationales, notamment la Cour pénale internationale.

Pour le gouvernement, la multiplication des discours alarmistes, la persistance des contestations liées à la liste électorale et les liens présumés entre certains actes de violence et des membres de l’opposition sont autant d’éléments qui justifient la prudence et la fermeté actuelles. « Nous sommes dans une période décisive. Certains veulent créer un climat d’insurrection. L’État ne peut pas rester passif », confie un cadre du RHDP sous anonymat.

Entre prévention et méfiance

En effet, pour le camp présidentiel, l’heure est à la vigilance. Les violences de Yopougon sont perçues comme des signaux avant-coureurs d’un plan de déstabilisation plus large. Dans ce contexte, la sécurisation du scrutin d’octobre est considérée comme une priorité absolue.

MD

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