A l’aune du débat sur la présidentielle du 31 octobre 2020, il faut convenir que deux Côte d’Ivoire coexistent : L’une réellement vécue par les Ivoiriens ; et l’autre, manifestement virtuelle, décrite dans l’esprit de l’opposition ivoirienne et des acteurs internationaux qui suivent le processus.
L’une paisible quotidiennement banale et l’autre apocalyptique.
L’apocalypse annoncée à l’issue de la prochaine présidentielle se trouve dans les déclarations bruyantes d’une opposition qui prépare le pourrissement du processus électoral et son forfait à la présidentielle depuis deux mois.
Ces déclarations ont ensuite un écho dans l’esprit de certains conseillers de palais occidentaux.
A leur tour, ces conseillers – qui conseillent- nourrissent de leurs notes anxiogènes les inquiétudes de leurs dirigeants. Ces inquiétudes, à leur tour, nourrissent les positions catastrophistes des organisations multilatérales et des ONG occidentales.
La boucle faussement macabre est bouclée par des think tank africains et étrangers autoproclamés spécialistes de l’Afrique, des cercles d’intellectuels et autres ONG nationales, qui, à leur tour, sanctifient l’idée politiquement correcte que la Côte d’Ivoire va exploser, comme en 2010 et que la candidature du Président Ouattara à un prochain mandat en est la raison principale.
Une théorie virtuelle, artificielle d’une crise qui vient en Côte d’Ivoire est ainsi construite. Dans laquelle la presse internationale, notamment française, s’engouffre, les deux pieds joints. Bien normal : En occident, nombreux sont les cercles qui ne connaissent que l’Afrique qui brûle, non pas celle qui flambe par ses réussites.
Mais de fait, pourquoi la Côte d’Ivoire des opposants, celle du chaos, n’a pas de réalité tangible ?
Plusieurs raisons, aussi simples les unes que les autres :
D’abord, la Côte d’Ivoire, la vraie, a profondément changé. Elle a de la mémoire. Même si ses politiciens en sont dépourvus. Les ivoiriens, de par leur vécu, ont gardé en mémoire les séquelles des crises successives qu’ils ont vécu depuis près de deux décennies.
Ensuite, l’absence de cause. Pourquoi les ivoiriens s’affronteraient-ils entre eux ? Bien loin le temps des indépendances, du multipartisme ou de la conquête démocratique.
Les Ivoiriens ont coché toutes les cases de l’histoire. Ce que l’opposition offre aujourd’hui n’est rien moins qu’un pugilat de rentiers, d’ex-dictateurs et de jeunes trublions anarchistes et surexcités.
Et qui de surcroît ne vendent rien d’autre que du vent, de la peur et du chaos. Rien de suffisamment bandant donc pour faire battre le pavé à nos concitoyens.
Plus encore, est la réalité saisissante du paysage politique actuel.
Cette réalité oscille entre la panne d’alternative au pouvoir Ouattara, l’incapacité de l’opposition à porter un rêve et la realpolitik d’un régime actuel qui a engagé une recomposition profonde du paysage politique.
Le Président Ouattara, il faut en convenir, a engagé une politique hardie d’ouverture et ouvert de vrais chantiers de prospérité qui, peu à peu, fédèrent ses concitoyens.
Voici la vraie Côte d’Ivoire, celle qui se construit jour après jour. Celle que veut éclipser les clichés passéistes. Les clichés, on le sait tous, ont la vie dure.
Méité Sindou
