Au terme de la clôture de la réception des candidatures en vue de la présidentielle du 25 octobre, c’est près d’une quarantaine de citoyens ivoiriens qui ont franchi le portail de la Commission électorale indépendante, pour manifester leur désir de diriger le pays durant les cinq prochaines années. Un engouement qui bat en brèche les arguments qui critiquent une élection exclusive.
C’est la fin du ballet des candidats à la candidature en vue de la présidentielle du 25 octobre prochain. Ce mardi, dernier jour dédié à la réception des candidatures à la Commission électorale indépendante (CEI) a été marquée par le dépôt d’une demie douzaine de dossiers dont celle du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, grandissime favori dans la course à sa propre succession. Radiés de la liste électorale définitive, Laurent Gbagbo (PPACI) et Tidjane Thiam (PDCI), ont même devancé le leader du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) en déposant leurs dossiers à la CEI, à 24 heures d’intervalles. Alors qu’ls sont théoriquement inéligibles, du fait de leur absence de la liste électorale (la loi prescrit que pour être candidat, il faut être électeur), la CEI a pourtant reçu les dossiers de ces deux dirigeants de l’opposition, au même titre que plusieurs citoyens, dont les dossiers seraient incomplets.
Au moment où s’achève le dépôt des candidature, seul l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, autre figure de l’opposition radiée de la liste électorale suite à ses condamnations judiciaires, n’a pas fait acte de candidature. Ce mardi après-midi, selon le décompte réalisé par nordsud.info, une quarantaine de dossiers ont été déposés auprès de la CEI. Cet engouement détruit donc les thèses qui fustigent une élection viciée et exclusive.
« Quatre grandes figures de l’opposition, représentant près de trois quarts de l’électorat national, ont été arbitrairement radiées des listes électorales : Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Tidjane Thiam et moi-même. Peut-on encore parler d’élection dans un pays où l’on choisit ses adversaires comme on choisit des figurants ? Je le dis solennellement ici : je n’accepterai jamais cette exclusion », dénonce régulièrement Guillaume Soro, depuis la publication de la liste électorale définitive.
Du fait de sa radiation, l’ancien Premier ministre n’a pas pu prendre part à la présidentielle de 2020, finalement boycottée par l’ensemble de l’opposition ivoirienne.
« On a publié une liste sur laquelle il n’y a pas le nom de Laurent Gbagbo. On a publié une liste sur laquelle il n’y a pas Cheikh Tidjane Thiam, sur laquelle il n’y a pas Guillaume Soro, etc. Est-ce que vous avez compris ça ? Que moi, Laurent Gbagbo, je ne serais pas digne d’être candidat à la Présidence de la République ? Ceux qui ont fait la liste savent que je ne suis pas un voleur. Comme ils veulent qu’on se batte, on va se battre », peste également l’ex-chef de l’Etat.
Outre les citoyens lambda, la CEI a vu défiler à son siège durant cette période de réception des candidatures, Jean-Louis Billon (PDCI, opposition) ; Simone Ehivet-Gbagbo (Mouvement des générations capables, opposition) ; Pascal Affi N’guessan (FPI, opposition) Ahoua Don Mellon (PPACI, opposition) ; Henriette Lagou (GP-PAIX), Antoine Assalé Tiémoko (Aujourd’hui, demain, la Côte d’Ivoire -ADCI) ; Vincent Toh Bi…
Signe que cette élection sera certainement très disputée, l’ancienne Première dame, Simone Ehivet Gbagbo, a laissé entendre que « l’une des étapes, lorsqu’on s’engage dans une élection présidentielle, c’est de déposer les pièces exigées par la loi. C’est ce que nous venons de faire. Je formule le vœu que notre pays connaisse des élections exemplaires, justes, transparentes et véritablement inclusives. La CEI est sans doute le cadre le plus indiqué pour réaffirmer cette volonté ». Une phrase qui résonne comme un pied de nez à son ex-époux et sans doute à son allié Tidjane Thiam, qu’elle aurait sans doute aimé voir se retirer en sa faveur.
MD




