Dans quatre jours environ, le Conseil constitutionnel rendra publique la liste définitive des candidats autorisés à prendre part à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Cette étape cruciale interviendra après la publication de la liste provisoire, le 29 août dernier, qui recensait 60 prétendants.
Depuis la réception de ces dossiers transmis par la Commission électorale indépendante (CEI), les juges du Conseil constitutionnel examinent minutieusement les candidatures. Premier constat, confirmé par plusieurs sources contactées par nordsud.info, 42 d’entre elles ont rapidement été jugées irrecevables pour défaut de parrainage ou absence de documents essentiels. Seuls 18 dossiers ont franchi ce premier filtre, répondant aux conditions de forme imposées par la loi qui postulent qu’il faut disposer du parrainage d’au moins 1 % des électeurs répartis sur la moitié du territoire national, verser une caution de 50 millions de FCFA et fournir un dossier administratif complet.

Parmi ces 18 candidats présélectionnés, qui ont réuni les parrainages et versé le cautionnement de 50 millions F CFA, figurent les personnalités considérées comme les plus sérieuses dans la compétition, notamment le président sortant Alassane Ouattara, candidat du RHDP ; son prédécesseur Laurent Gbagbo, porté par le PPA-CI ; l’ex-ministre du Plan, Tidjane Thiam, président du PDCI, ainsi que son rival interne Jean-Louis Billon.
L’examen entre désormais dans une seconde phase, plus décisive, menée par les ‘’sages’’ du Conseil constitutionnel, sous la présidence de Chantal Nanaba Camara. À ce stade, les juges vérifieront les conditions de fond définies par l’article 55 de la Constitution de 2016 : âge minimum de 35 ans, nationalité ivoirienne exclusive, jouissance des droits civils et politiques, absence de double nationalité ou de renonciation passée à la nationalité ivoirienne, ainsi que la limite des mandats présidentiels fixée à deux.
Des contestations accompagnent cette étape. Le PPA-CI a officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour contester la candidature d’Alassane Ouattara, jugée ‘’illégale’’, selon lui, au regard des Constitutions de 2000 et de 2016, qui limitent toutes deux le nombre de mandats présidentiels à deux. Le parti de Laurent Gbagbo estime que le chef de l’État sortant, déjà élu en 2010 et 2015, puis réélu en 2020, ne peut briguer un quatrième mandat. À l’inverse, certains acteurs politiques et citoyens, candidats déclarés, ont demandé l’invalidation des candidatures de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, tous deux radiés de la liste électorale, mais ayant malgré tout déposé leurs dossiers.
En 2020, seuls 4 candidats sur 44 avaient été validés par le Conseil constitutionnel. Cette année, nos sources très informées, proches du dossier, laissent entendre que la liste définitive pourrait être ramenée à 7 ou 8 candidatures. Tout dépendra des décisions que rendra la haute juridiction aux alentours du 10 septembre 2025.
Marc Dossa
