Dialogue politique: Un rendez-vous de plus ?

par NORDSUD
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C’est reparti ! Une nouvelle séquence du dialogue politique s’ouvre ce  jeudi 16 décembre 2021.

Cette rencontre s’ouvre alors même qu’il y a, depuis 2018, de très nombreuses initiatives du pouvoir en place pour apaiser le climat politique.

Malgré tout, le processus de décrispation lancée par Ouattara depuis bientôt quatre ans ne trouve pas grâce aux yeux de l’opposition. Pour ses opposants, le pouvoir Rhdp est une dictature. Et la réconciliation nationale, un leurre et même un échec retentissant.

Les discussions qui s’ouvrent ce jeudi réuniront autour du Premier ministre, Patrick Achi, outre le Rhdp, le parti présidentiel, le Pdci-RDA, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le FPI et l’Udpci de l’ex-général d’armée défunt Guei Robert puis repris par Albert Mabri Toikeusse.

Ironie de l’histoire, tous les invités du 16 décembre prochain ont deux points en commun :

  • Ils ont tous une responsabilité dans les drames que notre pays a vécus.
  • Ils ont tous eu l’opportunité et mieux la possibilité de changer le cours de l’histoire pour apaiser le pays.

Tous responsables. Henri Konan Bédié, Robert Guei, Laurent Gbagbo. Ils ont tous les trois eu la possibilité de nous construire une nation rassemblée et apaisée. L’un, Henri Konan Bédié, a mis fin à trente ans d’une paix patiemment et résolument construite par Houphouët-Boigny en inventant l’abominable concept de l’Ivoirité. Et comme une abomination ne vient jamais seule, l’ivoirité a engendré le coup d’Etat de 1999 qui a mis fin à son régime.

Robert Guei, puis Laurent Gbagbo ont pris le relais. Ils ont pris le concept de l’Ivoirité en main pour en faire une politique, un axe principal de gouvernance. Et le cycle des abominations s’est poursuivi : La rébellion de 2002 est advenue. Gueï Robert est assassiné. Et Gbagbo a précipité le pays dans une crise politique qui s’est terminée par une guerre militaro-civile au terme de laquelle il a dû quitter le pouvoir avec fracas. Ils sont donc tous responsables de la crise qui s’est installée ; celle pour laquelle ils réclament la réconciliation à corps et à cri.  L’un a écrit le scénario ; et les autres ont mis en scène la catastrophe.

Tous auraient pu changer le cours de l’histoire. Parce qu’au final, ils ont tous gouverné. Le Pdci, tout seul pendant sept ans, de 1995 à 1999. Puis en alliance au sein du Rhdp avec le RDR, et l’Udpci pendant sept ans, de 2011 à 2018.

Le FPI, quant à lui, était en alliance avec la junte militaire jusqu’en 2000 et il a tenu les rênes du pouvoir de cette date à 2010.

Ils ont donc tous, par là même, eu la possibilité d’agir pour un pays durablement en paix avec lui-même.

De toutes les manières, le compromis n’est pas le trait dominant de notre classe politique. Elle n’est pas encore capable d’être à l’avant-garde de la cohésion nationale. Mais même, au sein de chacun des principaux partis d’opposition, l’on est totalement incapables de digérer les contradictions internes et de garder la bonne cohésion des troupes.

Voilà le pedigree de ceux qui veulent donner des leçons de réconciliation nationale aux tenants du pouvoir.

Et pourtant, les résultats sont là, sous nos yeux : Sous Alassane Ouattara, la Côte d’ivoire est en paix. Et la gouvernance est sereine. Cela n’était plus arrivé depuis l’ère d’un certain …Houphouët-Boigny.

Le dialogue politique du 16 décembre est un rendez-vous important. Surtout pour les politiques.

Ce sera un cycle de discussion utile et peut-être historique à une condition : Que les hommes politiques s’accordent sur la nécessité de pacifier le champ politique en respectant la loi et en souscrivant aux changements de pouvoir par les élections et non par les coups de force. Car la raison principale de la crise ivoirienne, ce sont les élections. Et les principaux acteurs des crises en Côte d’Ivoire, ce sont les hommes politiques.

Sans ce sursaut, le dialogue politique du 16 décembre sera une rencontre politique de plus. Qui ne laissera pas trace dans l’histoire.

Méité Sindou

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