Une opposition désorganisée face à Ouattara

par nordsud.info
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Le précédent du Conseil national de transition

L’épisode du Conseil national de transition (CNT) en 2020 illustre à la fois l’improvisation et l’absence de stratégie claire de l’opposition ivoirienne face à Alassane Ouattara. Ce dernier, qui avait annoncé son retrait de la vie politique en mars 2020, s’est vu contraint de revenir sur sa décision après le décès soudain de son successeur désigné, l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, survenu en juillet de la même année.

Le refus de l’opposition d’aller aux urnes

L’opposition s’attendait-elle à une victoire plus aisée contre ce dauphin désigné, investi par le chef de l’État comme candidat du RHDP à l’élection d’octobre ? Toujours est-il qu’elle s’est radicalement opposée à la candidature du chef de l’État sortant, contestant sa légitimité à briguer un troisième mandat et refusant de le confronter démocratiquement dans les urnes.

Une liste de revendications politiques

Le 21 septembre, la coalition de l’opposition réclame « le retrait de la candidature de Monsieur Alassane Ouattara à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, la dissolution du Conseil constitutionnel actuel, composé illégalement et illégitimement, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) actuelle, composée de manière déséquilibrée et partisane, un audit international de la liste électorale, la libération des prisonniers politiques et militaires, le retour des exilés, y compris Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Noël Akossi Bendjo ».

Un rejet des institutions par l’opposition

L’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, dont la candidature avait pourtant été validée par le Conseil constitutionnel, critiquait sévèrement cette institution. « Le Conseil constitutionnel a manqué l’occasion historique de démontrer son indépendance en rendant une décision courageuse et conforme à la Constitution. En validant la candidature d’Alassane Ouattara, il a manqué à son devoir. En écartant sans raison valable des candidats comme Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, il a agi en violation de la Constitution. »

L’appel à la désobéissance civile

Elle a alors déclenché une vague de manifestations violentes sur tout le territoire. « Face à la forfaiture, un seul mot d’ordre : la désobéissance civile », avait justifié le 20 septembre Henri Konan Bédié, président du PDCI, dans une déclaration commune avec les autres partis et groupements politiques de l’opposition.

L’annonce de la création du CNT

Le 2 novembre 2020, elle annonce la création d’un Conseil national de transition, présidé par Henri Konan Bédié. « L’opposition annonce ce jour la mise en place du Conseil national de transition. Le président Henri Konan Bédié est le président de ce conseil. Le CNT a pour mission de mettre en place un gouvernement de transition. Le CNT engagera également la mise en place d’un cadre de réconciliation nationale en vue de la tenue d’élections justes, transparentes et inclusives », avait déclaré Pascal Affi N’Guessan, porte-parole de l’opposition.

Une initiative sans adhésion populaire

Cependant, l’initiative échoue à mobiliser. La population n’adhère pas à cette démarche, perçue comme un virage dangereux. « Je déplore la création du CNT, dont l’objectif est de se substituer aux institutions républicaines, au mépris de la volonté du peuple souverain exprimée par les urnes. C’est un dangereux précédent que nous condamnons fermement », réagit Marcel Amon-Tanoh, ancien ministre des Affaires étrangères, qui s’était pourtant opposé au troisième mandat du président sortant.

La réaction du gouvernement

Le gouvernement ivoirien qualifie ces événements d’attentat et de complot contre l’État. Le 3 novembre, le ministre de la Justice, Sansan Kambilé, annonce des poursuites contre les auteurs et leurs complices. Toutefois, aucun leader de l’opposition n’est inquiété outre mesure, au nom de la paix.

Les pressions diplomatiques

La communauté internationale, par le biais des ambassadeurs en poste à Abidjan, condamne fermement cette initiative. Certains diplomates exercent une pression directe sur le président du PDCI pour qu’il renonce au projet. Le 9 décembre 2020, Henri Konan Bédié propose une sortie de crise : « Je préconise pour ma part, en lieu et place du dialogue national inclusif et souverain que j’ai appelé de mes vœux, l’organisation d’un dialogue national, politique, sincère et inclusif. Ce cadre vient naturellement se substituer au Conseil national de transition que nous avons mis en place au lendemain du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. »

Une opposition dans la même posture en 2025

Comme en 2020, les opposants à Alassane Ouattara, en cette nouvelle année électorale, formulent à nouveau des exigences jugées irréalistes. Cette position semble aujourd’hui se répéter à l’identique. Reste à savoir si, cette fois encore, les opposants franchiront les mêmes étapes.

MD

Lire aussi : Le chef de l’État, prêt face à ses opposants

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