Il s’accroche. Pourtant, Laurent Gbagbo voit ses chances de participer à la prochaine présidentielle, s’amenuiser de jour en jour.
Sans surprise, Laurent Gbagbo n’apparait pas sur la liste électorale provisoire publiée la semaine dernière, par la Commission électorale indépendante (CEI). À quelques mois de la présidentielles de 2025, il semble de plus en plus évident pour les Ivoiriens, que Seplou n’y figurera jamais. Pourtant, le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) est d’une sérénité à se poser des questions. Qu’est-ce que Gbagbo prépare, pour ne pas désigner jusque-là de candidats de substitution aux élections d’octobre prochain ? Selon le politologue Landry Kuyo, le Woody de Mama joue en fait sur deux tableaux. D’abord, une décision de justice qui viendrait par la pression mise sur le Président de la République, Alassane Ouattara. « Depuis que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a ordonné en 2020 la réintégration de Laurent Gbagbo sur la liste électorale, il espèce pouvoir amener les autoriser à prendre une décision de justice dans ce sens. Seulement, une telle décision de la part de l’Etat ivoirien, serait incompatible », explique l’expert.
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Élections d’octobre prochain
Si ça ne marche pas, l’ex-chef de l’Etat a une deuxième carte en main. « C’est une décision politique. Le Président de la République a indiqué lors d’un récent discours, que les scrutins d’octobre prochain seront démocratiques et apaisées. Cela signifie pour Gbagbo, une participation de tous. Il l’a rappelé pendant une de ses sorties, en évoquant notamment une lettre de l’ONU demandant sa participation aux élections. Et aussi, en faisant cas de la situation du Chef de l’Etat, Alassane Ouattara en 2010. Donc, pour Gbagbo, tôt ou tard, le Président finira par accepter sa participation aux élections, quitte à reporter la date du scrutin. Il en fera, s’il le faut, un candidat exceptionnel », ajoute Landry Kuyo.
Pourquoi Laurent Gbagbo a-t-il balayé du revers de la main, l’idée d’une loi d’amnistie ? « Parce que ce serait reconnaître qu’il est coupable. Et qu’il n’a été blanchi que grâce à la magnanimité des autorités. Or, de quoi est accusé Gbagbo ? Du braquage de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Laurent Gbagbo a dit ‘‘je n’ai jamais volé de ma vie’’. On s’en souvient tous. Il n’est pas question pour lui de plaider coupable », explique M. Kuyo.
Gbagbo dans le jeu
Son plan a-t-il une chance de marcher ? D’un côté, pour les experts, ça fourmille fort dans la tête de Laurent Gbagbo. Il n’a jamais reconnu l’élection d’Alassane Ouattara comme Président de la République. Il l’appelle constamment le ‘‘Chef de l’Etat’’. Pour Gbagbo, la Côte d’Ivoire fonctionne depuis 2010 avec des institutions illégitimes, parce que c’est lui qui a gagné les élections. Il ne boude même pas l’idée d’un coup d’Etat, si on se réfère à ses discours passés. « Il est clair que Gbagbo dans le jeu, ne reconnaîtra jamais sa défaite, s’il venait à perdre les élections de 2025 », indique Landry Kuyo.
En même temps, des élections démocratiques en Côte d’Ivoire pourraient-elles se dérouler sans le leader du PPA-CI ? D’après M. Kuyo, c’est à l’Etat de démontrer sa capacité à maintenir l’ordre et la paix, malgré les intensions malsaines des uns et des autres.
Georges Dagou
