Effondrements d’immeubles: Des têtes doivent tomber !

par NORDSUD
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Un immeuble en construction s’est effondré ce vendredi à la Riviera à Abidjan, faisant au moins 6 blessés graves. Enième drame du genre dans la capitale économique. Avant, ces bâtiments s’effondraient à cause des éléments. Aujourd’hui, ils tombent sous leurs propres poids. 

Déjà, dans la nuit du 28 février, un bâtiment R+1 au marché d’Abobo s’était écroulé. Rien qu’en octobre dernier, deux immeubles se sont effondrés à Abidjan.

Malgré les mises en garde du ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme, certaines personnes continuent à bâtir aux mépris des lois. C’est notamment le cas, à la Riviera, où l’immeuble de type R+5 était resté penché pendant plusieurs jours, avant de s’écrouler. La brigade de contrôle du ministère s’est aussitôt rendue sur les lieux pour enquêter sur les circonstances du drame. Les populations affirment qu’il y avait écrit sur les murs de l’immeuble, AD (ndlr, à démolire), pendant les débuts de sa construction. Mais, à leur grande surprise, le propriétaire des lieux a poursuivi son œuvre. «Il faut savoir que les lettres AD ne signifient pas automatiquement que l’immeuble est à détruire», répond un proche collaborateur du ministre de la Construction.

Signaler

Selon lui, cela peut être mis pour signaler une anomalie sur les papiers de construction. Dans ce cas, le propriétaire peut aller se mettre à jour et continuer à construire. Toutefois, le ministère explique qu’il y a des petits malins qui prennent plaisir à contourner les règles. «Sur les permis de construction, nous écrivons R+2. Mais, une fois sur les lieux, le propriétaire décide de construire un R+3 ou un R+4. Ce qui conduit à des drames. C’est de la mauvaise foi», explique notre informateur. Le contrôle ? Dans le cadre de l’immeuble effondré à la Riviera ce vendredi, les voisins affirment avoir signalé à maintes reprises que le bâtiment était sur le point de tomber. Pourquoi le ministère n’a-t-il pas pris des mesures ? «Le plus souvent, les gens ne signalent pas officiellement les cas. Nous demandons à la population d’appeler le numéro vert du ministère qui est le 1378. C’est gratuit. Mais, on préfère signaler les cas entre voisins. Il faut appeler. Sinon c’est votre propre vie que vous mettez en danger», indigne le collaborateur du ministre de la Construction.

Sanction

Le 4 février dernier à Yamoussoukro, le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme, Bruno Koné, avait appelé les directeurs régionaux, départementaux à plus de vigilance. «(…) Un immeuble peut s’effondrer mais auparavant, il faut que vous apportiez les preuves de ce que vous deviez faire. S’il y a grabuges, ça veut dire que ce n’est plus votre faute. Donc désormais, il faut savoir que s’il y a effondrement, nous sommes en 2021 (…), l’Inspecteur général qui est là fera une mission de contrôle pour comprendre pourquoi il y a eu effondrement ; et si la responsabilité est portée par un agent du ministère, on sera obligé de sanctionner… », avait mis en garde le ministre pour qui il y a trop de laisser-aller, trop d’incivisme.

Raphaël Tanoh

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