La Russie au Mali, au Burkina… Natalie Yamb lève le voile

par NORDSUD
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Un véritable pied de nez à tous ceux qui croyaient naïvement que la Russie arrive en Afrique pour aider ses «nouvelles colonies» à se développer. Nathalie Yamb, l’activiste d’origine camerounaise, lève totalement le voile sur les vraies visées de Moscou au Mali, au Burkina Faso et en Centrafrique. Elle enfonce une porte déjà ouverte en septembre 2022 par les Etats-Unis qui accusaient la Russie d’avoir injecté beaucoup d’argent pour influencer des élections dans le monde. Avec pour mission principale d’avoir voix au chapitre. C’étaient au moins 300 millions de dollars au total que la Russie avait distribués à des partis politiques et des candidats dans plus d’une vingtaine de pays depuis 2014 afin d’exercer son influence. Les cercles du pouvoir russe étaient accusés par Washington d’avoir utilisé des sociétés écrans, des groupes de réflexion, des activistes et d’autres moyens encore pour influencer des événements politiques.

Nathalie Yamb, taxée d’être un des maillons du Kremlin pour asseoir une certaine influence russe en Afrique, dit clairement les choses. «Elle (la Russie) ne vient pas ici parce qu’elle nous aime particulièrement. Elle vient d’une part, parce que les autres signataires de (Ndlr : l’accord) de Yalta ont empiété sur son pré-carré, et qu’elle veut leur rendre la monnaie de leur pièce. Et elle vient d’autre part dans l’optique d’augmenter son ‘’bargaining power’’ (pouvoir de négociations) lorsqu’il s’agira de s’asseoir à la table de négociations pour mettre fin au conflit (ndlr : l’invasion en Ukraine). La Russie va forcément négocier son retrait de l’Afrique contre quelque chose. On ne sait pas quoi. Mais une chose est certaine, la négociation entre les grands joueurs aura lieu», confie-t-elle dans un vidéo qui circule sur Internet. Le narratif est bien clair. Les néo-panafricanistes qui applaudissent l’arrivée de la Russie au Mali, au Burkina Faso et en Centrafrique vont déchanter. La présence de la Russie sur le continent est purement géostratégique. Avoir des colonies dans le pré-carré de la France en Afrique pour ensuite les marchander pour sortir grandie de cette invasion de l’Ukraine que Vladmir Poutine a lancé le 24 février 2022. Maliens, Burkinabè et Centrafricains ne sont que des monnaies d’échange entre les mains de M. Poutine. Eux qui croyaient faire un doigt d’honneur à la France pour s’en aller négocier d’égal à égal avec leur nouveau tuteur.

Quand la clarification est faite par quelqu’un sert la cause de Moscou sur le continent, l’effet est encore plus amplifié. Le réveil sera brutal pour le Mali, le Burkina et la Centrafrique. Nathalie Yamb le dit si bien :  «La Russie, aujourd’hui, a la nostalgie du partage du monde conclu par les accords de Yalta signés en 1945, qui attribuaient aux vainqueurs de la deuxième guerre mondiale différentes zones d’influence dans le monde. Dans cette optique, la Russie est venue en Afrique que dans le cadre de son combat avec l’Occident». Elle n’a donc pas vocation à aider ces pays à se développer. Quand ce combat Russie-Occident trouvera une issue, la présence russe sera jugée inutile. En ce moment-là, les panafricanistes maliens, burkinabè se rendront compte qu’ils ont été dupés depuis le début.  

Bakayoko Youssouf

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