Procès des Pro-Soro: Le bras de fer entre la défense et le tribunal a débuté

par NORDSUD
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Après un report d’une semaine, pour permettre à la défense d’acquérir certaines pièces du dossier d’accusation, le procès des pro-Soro a repris ce mercredi au tribunal de première instance du Plateau. Une reprise marquée par le retrait des avocats de la défense des débats. En cause, les fameuses pièces essentielles du dossier d’accusation. Les avocats affirment ne les avoir jamais reçues, malgré la semaine laissée par le juge Charles Bini.

Non fondée

Selon Me Kaditiatou Touré, la défense n’a reçu ni la bande audio ni la vidéo incriminant les accusés.  Dès le début du procès, la défense demande donc un report du procès.  Du dilatoire ! clame Me Abdoulaye Méité, du collectif des avocats représentant l’Etat. Le procureur Adou Richard estime également que le procès a assez trainé et requiert que les débats reprennent. Après une suspension, le juge rejette la requête de la défense, la jugeant non fondée. Une autre requête jugée non fondée, est celle qui soulève une exception de constitutionalité. Selon la défense, certaines dispositions évoquées dans ce procès sont non-conformes à la Constitution.

La défense maintient alors qu’elle ne saurait poursuivre le procès sans les pièces essentielles. Le procureur Adou Richard rétorque que les pièces ont bel et bien été remises aux concernés et que le procès doit se poursuivre. D’ailleurs, note Adou Richard, même les accusés ont vu les fameuses pièces. Alain Lobognon demande alors à aller à la barre. Curieusement, le juge lui accorde la permission. Faux, dit-il, ils n’ont vu aucune pièce à conviction. Il appelle le représentant du ministère public, «le procureur de la République». Adou Richard le corrige : «c’est monsieur le procureur de la République». Alain Lobognon refuse d’ajouter le «monsieur». Le juge lui demande de le faire. Réponse de Lobognon : pendant son arrestation, le procureur ne l’a appelé ni par son titre de député ni par celui de ministre. Le procès se poursuit.  

Bande audio

Me Kaditiatou Touré insiste qu’à aucun moment ils n’ont reçu de pièces. Adou Richard indique alors que les pièces, notamment la bande audio et la vidéo, sont à son cabinet et qu’à aucun moment les avocats n’ont manifesté l’intérêt d’aller les chercher. Après une nouvelle suspension, le juge décide que le procès va se tenir.

Alors, les avocats de la défense quittent le tribunal, estimant que le procès est biaisé. Seul reste dans le box, l’avocat de Sékongo Félicien. Ce dernier affirme se désolidariser du collectif des avocats de la défense. Il plaide pour une libération provisoire de son client. Selon l’avocat, Sékongo Félicien, président du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles (Mvci) n’a rien à voir avec les chefs d’accusations qui pèsent contre lui. Requête rejetée !

Finalement, après trois suspensions de séances, le tribunal décide de passer à l’audition des 13 détenus présents, accusés entre autres, de complot contre la sûreté de l’État, des faits de participation à une bande armée sans y exercer aucun commandement, détention sans autorisation d’armes à feu de la première catégorie et d’actes de manoeuvre de nature à compromettre la sécurité publique. Parmi les accusés, Alain Logogonon, bien tiré dans un costume bleu, Koné Kamaraté Souleymane alias Soul to Soul, calme et sobre, Sekongo Félicien, toujours aussi décontracté.

Mais, il y a un malaise, puisque le procureur Adou Richard demande que les accusés soient entendus séparément.  Le président du tribunal Charles Bini, n’a pas prévu cela.  Où mettre alors les autres détenus ? En fin de compte, on propose de les conduire dans les violons du palais de justice.

Sekongo Félicien  est le premier à passer devant le juge. Les autres auditions se poursuivront ce jeudi.

À noter que le procès qui porte entre autres sur les accusations de complot contre la sûreté de l’État concerne Guillaume Soro, Soro Polno Rigobert, Affoussiata Bamba Lamine, Alain Lobognon, Koné Kamaraté Souleymane alias Soul to Soul, Kassi Kouamé Jean-Baptiste, Débré Souleymane, Kamagaté Adama alias killer, Silué Neguerdjomon Emmanuel. Sans oublier Bamba Souleymane, Dosso Seydou, Koné Ardiouma, Traoré Lamine, Fofana Kouakou, Soro Yedjossigue Simon, Sekongo Kouleyeri Simon, Traoré Babou, Sess Soukou Mohamed, Touré Moussa, Issiaka Fofana, Fofana Bouaké, alias Benito.

Certains des accusés sont hors du pays, d’autres ont été arrêtés depuis le 23 décembre 2019.

Raphaël Tanoh

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