Conseil national de transition (CNT), une vue de l’esprit

par NORDSUD
Publié: Dernière mise à jour le 43 vues

Il ne faut pas avoir peur des mots. Le Conseil national de transition (CNT) dont parle l’opposition ivoirienne depuis le 1er novembre 2020 est juste une vue de l’esprit. Il n’a aucune base constitutionnelle ni légale. Il fera donc long feu.

En Côte d’Ivoire, il n’y a pas de vacance du pouvoir pour que des opposants prétendent mettre en place un mécanisme qui ferait croire à une transition. La Constitution de 2016 en son article 59 souligne que les pouvoirs du Président de la République et du vice-Président de la République en exercice expirent à la date de prise de fonction du Président de la République et du vice-Président de la République élus. L’on se rappellera que c’est le 3 novembre 2015 qu’Alassane a prêté serment après sa réélection le 25 octobre 2015. D’où vient-il que le 1er novembre 2020, des opposants estiment qu’Alassane Ouattara n’est plus le président de la République et qu’il faut mettre en place un cadre de transition.

Les uns ont oublié qu’il faut nécessairement passer par la case élections pour espérer prendre le pouvoir comme le stipule la Loi fondamentale, que chacun dit défendre. Une option que, malheureusement, l’opposition ivoirienne a décidé d’esquiver. Puisque dans la forme, elle a décidé de boycotter le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. Même si dans le fond, elle y était présente, puisque Henri Konan Bédié et Affi Nguessan ont été retenus par le Conseil constitutionnel après le dépôt de leurs dossiers sur la table de la CEI. Et leurs noms et photos figuraient bien sur le bulletin unique de vote.

Donc en ne participant pas aux joutes électorales du 31 octobre, Henri Konan Bédié et Pascal Affi Nguessan ont perdu toute légitimité à réclamer le pouvoir. Il aurait fallu ouvertement aller à la pêche du vote des Ivoiriens pour ensuite se poser en défenseurs de leur suffrages exprimés dans les urnes. Le pays serait dans un cadre de contestation électorale, et ce cas de figure est prévu. Comme le recommande la Loi fondamentale, tous les candidats ont droit à un recours après la proclamation des résultats. Pour respecter cette obligation, le Conseil constitutionnel, l’organe suprême, a ouvert dès le mercredi 4 novembre, les réclamations qui prennent fin le 8 novembre.

Mais contrairement à ce schéma classique, l’opposition a décidé de s’installer dans la violence. Depuis le 15 octobre, Bédié et Affi ont officiellement demandé à leurs partisans de boycotter activement par tous les moyens les opérations électorales et la campagne. Leurs actions sont devenues plus violentes, avec le seul objectif d’empêcher la tenue du scrutin du 31 octobre 2020. Les actes de terrorisme se sont multipliés. Et c’est le couronnement de leurs actions qui est la mise en place du fameux CNT, qui est une chimère.

Bakayoko Youssouf

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