Effondrements d’immeubles: Peut-on mettre fin aux drames ?

par NORDSUD
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Le 11 février dernier, le ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme publiait l’évolution des contrôles de constructions, des démolitions de bâtiments et des effondrements, de 2020 au 31 décembre 2022. Seulement une démolition en 2020 pour 2760 contrôles, contre 11 effondrements d’immeubles. En 2022, seuls 3 immeubles se sont effondrés, tandis que le nombre de contrôles est monté à 14190, pour 165 démolitions. Une courbe saluée par le ministre Bruno Koné, lors de son déjeuner de presse, en janvier. Hélas, depuis quelques semaines, les drames et incidents s’enchaînent, présageant une année 2023 qui sonnerait le retour des effondrements en cascade d’immeubles. Le samedi 21 janvier dernier, au Plateau, un immeuble R+2 en construction s’est effondré en partie, au niveau de la Rue du Commerce. Bilan, deux blessés. Le 4 février, les Abidjanais ont assisté à un autre incident de ce genre, à Cocody-Angré, 9ème tranche, où un bâtiment de type R+4, s’est écroulé partiellement. Heureusement, pas de victimes. Ce qui n’était malheureusement pas le cas le 10 février, lorsque la dalle d’un immeuble R+8 en construction à Marcory zone 4, s’est arrachée, occasionnant 5 victimes. Le dernier incident en date, c’est l’effondrement partiel d’un immeuble en construction à Treichville avenue 9 rue 20. Là aussi on déplore 1 mort et des blessés.

Évacuer les bâtiments

Dans toutes ces situations, le ministère de la Construction a dépêché ses limiers sur les lieux pour en comprendre les causes. Dans certains cas, comme à Cocody-Angré, le chantier était à l’arrêt sur injonction du ministère,  pour défaut de « permis de construire et en raison des doutes sur la stabilité de l’ouvrage ». Le constat principal étant que les propriétaires ‘‘véreux pullulent’’, malgré la sensibilisation. D’après le ministre Bruno Koné, 79 bâtiments présentant des risques dans le district d’Abidjan, ont été identifiés pas ses services, qui ont déjà écrit aux maries des différentes communes concernées afin de faire évacuer les bâtiments concernés. Pour le moment, la plupart des ces bâtiments sont toujours occupés. La faute à qui ? Au niveau des mairies, on estime que ce n’est pas leur rôle de déguerpir les immeubles en danger. « Le ministère nous a demandé de l’informer si nous découvrons des bâtiments présentant des risques d’effondrement. C’est ce que nous faisons avec l’Office national de la protection civile (ONPC). Lorsque le préavis pour quitter le bâtiment est disponible, nous le signifions aux occupants de la maison. Mais nous n’avons ni les moyens, ni le droit de les obliger à partir », explique Salif Coulibaly, adjoint au maire d’Attecoubé. D’où le recours à la force, dans des cas. Le coût des démolitions étant conséquent, la tâche n’est pas toujours aisée pour les autorités. Quoi qu’il en soit, tout laisse croire que les Abidjanais devront se préparer à d’autres incidents à venir, hélas.

«Le ministre l’a déjà relevé : les effondrements d’immeubles sont la faute aux propriétaires. Dans les cas où il y a des victimes, des poursuites sont prévues contre les fautifs », souligne un proche collaborateur de Bruno Koné. Paradoxe : la seule manière d’éviter les effondrements d’immeubles dans l’immédiat reste la démolition.

Mais, pour démolir, il faut identifier et agir.

Un vrai casse-tête.

Raphaël Tanoh

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